Quand, incendiée, Moscou mit en échec les ambitions de Napoléon

Florent D. - 06.02.2018

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L’histoire retiendra de la campagne de Russie qu’elle fut la plus meurtrière de l’histoire des conquêtes napoléoniennes. Et un ratage total. La prise de la capitale russe, où l’empereur pensait entrer en conquérant, n’aura donné lieu qu’à un incendie ravageant la ville. Le 14 septembre 1812, une date où la victoire eut le goût de la plus cinglante des défaites.

 


 

 

Pour sauver la cité moscovite, le gouverneur Rostopchine décide de l’impensable – et du plus commode : donner aux prisonniers une amnistie, en l’échange d’un ultime service rendu. On leur confie le soin de mettre le feu, partout, irrévocablement : le petit conquérant corse ne doit rien trouver à manger, nul repos pour ses soldats. 

 

Moscou mourra, mais ne se rendra pas. 

 

En marche de ce que l’Histoire a retenu, il y a le récit effarant que Toussaint et Perger nous font : celui d’Anatoli Lenski, prisonnier de l’Ostrog Nord de Moscou. Ancien capitaine de l’armée russe, il était résolu à se battre jusqu’à la mort. Lors de la bataille de Smolensk, les 16 et 17 août 1812, il prendra la défense de moujiks, alors que les soldats allaient brûler leur maison. « Ce sont les ordres. »

 

Pour s’y être opposé, Anatoli partira en prison. 

 

À peine sorti, il n’aura plus qu’une idée en tête : retrouver sa femme et son fils, Tatiana et Oleg. Et tenter de sauver ce dernier des griffes de Kolia, un monstre, surnommé l’Ogre de Moscou.

 

Au sens propre : il mange littéralement des enfants. 

 

 

Que dire... Sinon qu’il s’agit là d’une BD à couper le souffle. Le sacrifice de Moscou sauva toute la Russie des velléités de Napoléon. Certes. Dans cette page de l’histoire européenne, le récit d’Anatoli s’insère avec une justesse parfaite. Homme de conviction, ce soldat parcourt une ville en flammes, convaincu ou fou, tout dépend. 

 

Outre le rythme haletant, le découpage ne laisse aucun répit au lecteur. Depuis le Kremlin où s’est installé Napoléon, pour revenir dans les rues pillées par les prisonniers, aucune pause. Pas de temps mort. Mais c’est avant tout le jeu de couleurs qui subjugue : des récits qui mêlent les souvenirs à la destruction de la ville, du noir et blanc, du rouge et du blanc, le feu qui ronge les pages. 

 

La splendeur des incendies, comme aux pages 32 et 38, captive comme seules les flammes véritables savent le faire. Le rouge du sang l’accompagne, jamais très loin. Mais la permanence d’un orangé qui se retrouve omniprésent donne à l’ensemble un sentiment puissant.

 

La violence des hommes, la folie des chefs et l’espoir, toujours. Brûlez Moscou se contemple comme un tableau, fascinant. Et se referme avec un léger tremblement. 

 

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Stéphane Perger, Toussaint Kid – Brûlez Moscou – Éditions Le Lombard – 9782803633869 – 14,99 €


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