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Rapport ACBD 2011 : la BD en France progresse toujours

Clément Solym - 26.12.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - rapport ACBD - 2011 - bande dessinée


Fidèle au poste, l'ACBD vient de présenter son rapport 2011 sur le monde des cases, des phylactères et de toutes ces sortes de choses. Comment s'est portée la BD en France, durant l'année passée ? « Comme pour prouver, une fois de  plus, l'incroyable foisonnement créatif du  secteur, la production d'albums de bande dessinée augmente encore... pour la 16e année consécutive », introduit le rapport, qui établit 10 points de réflexion.

 

 

Production – La multiplicité des genres et de l'offre de bande dessinée provoque une nouvelle progression : 5 327 livres de bande dessinée ont été publiés en 2011 – soit +3,04 % d'augmentation, au lieu de 5,85 % et 5 165 titres en 2010 –, dont 3841 strictes nouveautés.

 

Pour cette année, le top 3 des tirages est le suivant : 

  • XIII (tome 20) à 500.000 exemplaires
  • Kid Padlle (tome 12) à 360.000 exemplaires
  • Boule et Bill (tome 33) à 253.00 exemplaires

 

« Remarquons aussi que la croissance du nombre de parutions est toujours le fait des plus puissants éditeurs ! En 2011, ces derniers ont publié 2 766 nouveautés – soit 72,01 % du secteur –, contre 2 750 et 72,16 % en 2010. Quant aux structures de moindre importance, elles totalisent 1 075 nouvelles parutionssoit 27,99 % du secteur –, contre 1 061 et 27,84 % l'an passé. Notons que certaines de ces éditions sont de plus en plus diffusées uniquement via Internet ou dans des lieux de vente très spécifiques ; ainsi, 235 titres (contre 195 en 2010 et 130 en 2009) n'embouteillent donc pas systématiquement les rayonnages des librairies spécialisées », note-t-on

 

 

 

Édition – Désormais, 4 groupes dominent l'activité de ce secteur, assurant, à eux seuls, 43,6% de la production, alors que 310 éditeurs ont publié des bandes dessinées en 2011.

 

Évaluation – Dans un marché moins réactif et économiquement difficile, 99 sériesou rares œuvres indépendantes (pour 102 en 2010) ont bénéficié de mises en place appréciables, se plaçant, très souvent, parmi les meilleures ventes de livres, tous genres confondus.


Traduction – Il y a un peu moins de bandes dessinées traduites (2 043 nouveaux ouvrages, dont 1 494 viennent d'Asie et 364 des États-Unis), mais de nouveaux territoires sont explorés...


Réédition – Le secteur patrimonial est en pleine expansion, avec 1 058 nouvelles éditions, compilations ou intégrales (contre 980 en 2010), 224 œuvres datant de plus de vingt ans proposées enfin en album et 31 séries francophones reprises par de nouveaux créateurs.


Création – Sur le territoire francophone européen, seuls 1 487 auteurs réussissent à vivre, souvent difficilement, de la création de bande dessinée. Pourtant, ils ont été 1 749 à publier au moins un album en 2011.


Diffusion – Alors que la filière du livre est en pleine mutation, 12 principaux diffuseurs ou distributeurs permettent toujours la mise en place efficace des albums de bande dessinée en librairies.


Manifestation – Les événements autour de la bande dessinée n'ont jamais été aussi nombreux (455 en 2011) et valorisent, par leurs lieux, spectacles ou expositions, l'image du 9e art.


Prépublication – La bande dessinée est toujours bien exposée dans les kiosques, ne serait-ce qu'avec ses 76 revues spécialisées et 15 séries de fascicules proposant un bonus (figurines, DVD, albums, jeux…).


Mutation ? – La bande dessinée impose, plus que jamais, ses valeurs sûres aux autres médias. Mais la rentabilité de sa mutation vers les nouvelles technologies n'est pas encore à l'ordre du jour…

 

Dans ce domaine, soulignons deux points du rapport : 

 

Malgré la hausse de la production des ouvrages et des revues sur le 9e art, c'est surtout sur Internet que les amateurs vont chercher leurs informations, un large choix s'offrant désormais aux internautes. La rubrique la plus populaire est, sans conteste, celle des chroniques d'albums : elle se retrouve sur 90% des sites (car elle répond à une véritable attente du public) et est même, souvent, la seule mise à jour régulièrement. La rencontre avec les auteurs reste un moment privilégié pour ceux qui réalisent des interviews, mais est aussi une source d'informations pour les lecteurs. Ce n'est donc pas pour rien que 75 % des sites publient des entretiens. En guise d'articles sur l'actualité, peu de sites proposent autre chose que des copier/coller de communiqués de presse. Même si la forme, notamment en termes de longueur, reste souvent inadaptée à la lecture sur écran, seule une poignée de sites produisent de véritables articles rédactionnels : ce travail de recherche demande du temps aux rédacteurs, lesquels sont bénévoles pour 95% d'entre eux. Bien que de nombreux journalistes professionnels soient présents dans les rédactions, seules 10 % d'entre elles utilisent du personnel rémunéré.

Et ce petit commentaire :  

 

En ce qui concerne la lecture des œuvres numériques, la situation stagne sur le territoire francophone européen. Une étude du CNL, publiée en mars 2010, confirme que le public du livre numérique est encore très réduit : toujours 5% des Français, et seulement 0,25%, utilisant un terminal dédié. Si la numérisation du livre paraît irréversible, ce mouvement est freiné par un fort attachement au contenant et par un phénomène générationnel : le grand lecteur de livres n'est pas encore un « digital native ». 

 

L'ensemble du bilan 2011 est téléchargeable à cette adresse