Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Rémunérer la présence des auteurs de BD en festival va “assainir les relations”

Nicolas Gary - 23.06.2017

Manga/BD/comics - Univers BD - rémunération auteurs BD - festival auteurs bande dessinée - SNAC BD manifestations présence


Depuis maintenant deux ans, les manifestations soutenues par le Centre National du Livre doivent accorder une rémunération aux auteurs. À compter de janvier 2016, tout soutien financier du CNL doit impliquer de rétribuer les auteurs, pour certaines interventions. Mais le SNAC BD entend aller plus loin, pour « assainir les relations entre festivals et auteurs ».


Festival d'Angoulême 2015 - Etats Généraux de la BD
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Les organisateurs de manifestations – festivals ou salons – sont interpellés aujourd’hui par le syndicat : avec 65 % des auteurs de BD qui prennent part à ces événements (voir l’étude), la présence des créateurs apporte une partie de l’animation nécessaire à la bonne vie de ces rencontres. 

 

Or, souligne le SNAC, « la présence des auteurs est le cœur d’un Festival de bande dessinée, c’est donc aussi la source de son attractivité ». Il conviendrait donc que, de même qu’un musicien est rémunéré pour un festival, les auteurs de BD le soient également. Et d’ajouter que la rémunération pour le livre n’est « pas nouvelle, elle est mise en place depuis plus de trente ans par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse ».

 

La Charte a en effet mis en place une tarification pour les ateliers ainsi que les dédicaces, dont le CNL s’était d’ailleurs inspiré pour mettre en place son modèle de rétribution obligatoire pour les manifestations soutenues. Une démarche qui s’est imposée avec le temps et les usages ont alors pu évoluer.

 

Contacté par ActuaLitté, le SNAC BD explique : « Les auteurs BD sont très concernés par la présence en salon, qui nécessite beaucoup de temps. L’idée est que personne ne remet en cause le plaisir que l’on peut tirer de ces moments, mais le constat effectué est simple. Les mairies disposent d’un rayonnement culturel du fait du festival, les libraires vendent, et les éditeurs avec eux... mais les auteurs sont les seuls à ne pas en profiter, parce qu’ils ne sont pas rémunérés. »

 

D’autant plus, note le SNAC BD, que dans certains festivals, « on assiste à une dégradation du rapport avec les auteurs. C’est loin d’être généralisé, heureusement, mais on constate que, chez certains, la présence de l’auteur est exigée pour des dédicaces – comme si c’était un dû ». 
 

L'édition “c’est une pyramide renversée : l’auteur est tout en bas, et sans lui, plus rien”


Le syndicat « souhaite replacer les auteurs dans une réévaluation de leur véritable place. Ce sera également le cas dans les discussions avec le FIBD. Nous voulons simplement qu’une autre rétribution que ce qui existe déjà, et qu’a instauré le CNL, soit mise en place ». Et charge aux manifestations d’intégrer cette rémunération dans leur budget prévisionnel.

 

Nous sommes conscients que la mise en place de cette rémunération dans l’équilibre souvent fragile de vos budgets sera probablement complexe et délicate, mais déjà, de nombreux auteurs ont annoncé leur décision de ne plus dédicacer.

C’est un fait : l’auteur ne peut plus se permettre de passer du temps loin de son travail, de sa famille, à titre gracieux. Aussi, nous vous encourageons vivement à prendre le plus rapidement possible cette proposition en considération, afin de pouvoir l’intégrer à votre projet de manifestation BD.

SNAC BD

 

 

« On nous reproche que cela va créer quelque chose de malsain dans les relations, mais en réalité, la situation est parfois déjà malsaine. De notre point de vue, cela ne peut qu’assainir les relations actuelles. Quand on voit que certains festivals proposent des contrats impliquant des engagements, sans aucune rétribution, on s’interroge. »

 

Une base de rémunération est proposée ci-dessous, et une FAQ mise à disposition.