Sanctionner Tintin au Congo, triste apologie de la colonisation

Clément Solym - 01.10.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - tintin - congo - bruxelles


C’est le retour de Mbutu Mondondo, l’homme qui souhaitait interdire la commercialisation du titre Tintin au Congo. Devant le tribunal de Bruxelles, ce dernier a de nouveau fait valoir les aspects racistes de la BD, qualifiés d’abominables.

Cela fait désormais plus de quatre années que le plaignant est parti en guerre contre le livre, son éditeur et Moulinsart, la société qui possède les droits sur l’oeuvre d’Hergé.

Racisme flagrant

Dans sa démarche, Mubut Mondondo a reçu notamment le soutien du Conseil représentatif des associations noires (CRAN). Cité par l’AFP, Mbutu Mondondo explique une fois de plus : « C'est une BD raciste, qui fait l'apologie de la colonisation et de la supériorité de la race blanche sur la race noire. Va-t-on tolérer encore aujourd'hui un tel livre. »

Et l’avocat du plaignant d’ajouter : « L'oeuvre d'Hergé, qui date de 1931 et est toujours commercialisée, est en contravention avec la loi belge réprimant le racisme. »

Comment supporter que les hommes noirs soient présentés comme paresseux, dociles ou idiots, interroge l’avocat, ou « incapables de s'exprimer dans un français correct » . Pas vraiment tolérable, considère l’accusation, pour qui les stéréotypes véhiculés dans l’oeuvre peuvent aisément basculer vers la discrimination, puis au racisme, selon Me Alain Amici.

Encadrer fermement

Durant cette audience, devant le tribunal de Première instance, les plaignants ont exprimé une fois de plus leur volonté. « Cette bande dessinée doit au moins être encadrée, relativisée », a poursuivi Me Ahmed L'Hedim. « Nous sommes bien conscients que la liberté d'expression doit être respectée, mais il y a des limites à cette liberté », souligne-t-il.

« Il est clair que les stéréotypes figurant dans ce livre lu par un nombre considérable d'enfants ont encore des conséquences sur leur comportement à l'heure actuelle. Le racisme trouve son ancrage dans ce genre de stéréotypes. » (voir RTL.be)

Censurer à tout va ?

Me Alain Berenboom, un des représentants de la défense, considère que cette démarche contre Tintin relève ni plus ni moins que de l’atteinte à la liberté d’expression. « Si on censure Tintin au Congo en l'interdisant ou en obligeant l'éditeur à mettre un bandeau, c'est l'ensemble de la littérature mondiale qui va se retrouver devant les tribunaux, de Simenon à la Bible », explique-t-il. Le 14 octobre, la défense pourra faire valoir sa plaidoirie.

En France, une affaire similaire est également en cours, sur les mêmes bases. Elle n’a toujours pas avancé non plus, cela dit.

Nabokov, Tintin... ou l'intolérance ?

Difficile de ne pas rapprocher cette situation juridique des déclarations d’un prêtre orthodoxe pour qui il serait souhaitable d’interdire les oeuvres de Nabokov ou de Garcia Marquez, auxquelles il reproche leur pédophile qu'il trouve manifeste.

Et dont il souhaite que les livres Lolita et Cent ans de solitude soient interdits dans l'enseignement scolaire. (voir notre actualitté


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