Siné exulte : Charlie Hebdo condamné en appel

Clément Solym - 17.12.2012

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Maurice Sinet est plus connu sous son pseudo, Siné. Et ce n'est pas siné dié que la Cour d'appel de Paris a condamné les Éditions Rotatives à verser 90.000 € de dommages-intérêts au dessinateur, pour avoir abusivement rompu le contrat qui les liait à Siné. Siné qua non ?

 

 

 

 

Elles ont manifestement eu tort, les Éditions Rotatives, d'interjeter appel contre le dessinateur : alors qu'en première instance, ce sont 40.000 € qu'elles étaient condamnées à verser, voilà que l'arrêt du 14 décembre vient de rallonger la peine, qui a fait plus que doubler. 

 

Sur sa zone, Siné jubile, biche et exulte : 

La bonne nouvelle de mon procès, gagné une fois de plus contre Charb, qui le condamne à 90 000 € au lieu de 40 000 € de dommages-intérêts et à 15 000 € au lieu de 5 000 € de frais de justice va m'aider à attendre plus sereinement l'occasion de faire péter une roteuse pour arroser ça !

Le plus jouissif, dans la condamnation, reste l'obligation faite à ce patron-voyou, prétendument de gauche, de publier un bandeau de 15 cm de haut et barrant toute la couv de son torchon, l'obligeant à  reconnaître mon licenciement abusif !

 

Charlie, Tango, Zoulou

 

On se souviendra avec émotion qu'en 2008, le 10 septembre, sortait le premier numéro de Siné Hebdo, faisant suite au renvoi le 16 juillet de la même année du dessinateur. En cause, une caricature du fils Sarkozy, Jean, argumentée comme suit : « Il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit ! » 

 

Mais Siné, loin de se laisser abattre par la décision de Charlie Hebdo, remontait sur le ring, avec un hebdomadaire vendu au même prix, et l'intention ferme de démontrer que Charlie Hebdo n'est plus ce qu'il était. Epaulé par sa femme, Catherine Siné, rédactrice en chef, Siné avait encaissé un premier choc, alors qu'en mars 2010, il lançait un appel à l'aide.

 

L'hebdomadaire perdait beaucoup d'argent, près de 35.000 € par mois, et la solution s'imposait : « La décision a donc été prise de fermer le journal. On n'allait tout de même pas risquer qu'un administrateur judiciaire impose sa loi à Siné Hebdo ! »

 

Pourtant, en décembre 2010, une première bonne nouvelle arrivait : la condamnation de Charlie Hebdo, qui allait devoir verser 40.000 €, contre les 148.000 que demandait le dessinateur

 

En septembre 2012, après l'élaboration d'une nouvelle formule, Siné devenait Hebdo, après moins de deux années de vie hebdomadaire. L'appel de Charlie Hebdo rapproche donc le dessinateur de son objectif d'indemnité : on attend le pourvoi en cassation pour les 180.000 € ?

 

Sans compter les frais de justice, qui eux, ont donc triplé... Moralité, douteuse, comme il se doit, déduite par Siné : « Faut que j'fasse gaffe, sinon j'vais commencer à croire en Dieu ! »