SNE contre Free/ILiad : 30.000 €, 'une décision sévère'

Clément Solym - 29.12.2009

Manga/BD/comics - Univers BD - SNE - Free - iliad


Nous avons appris la semaine dernière que l'appel du SNE dans la procédure judiciaire pour contrefaçon menée contre le fournisseur d'accès à Internet Free, appartenant à la société Iliad, avait finalement été jugé irrecevable.

Erreur matérielle contre article 700

Dans cette histoire, une erreur matérielle aura finalement provoqué le rejet de l'appel et finalement le SNE et les éditeurs BD touchés par les titres numérisés et disponibles sur le serveur Usenet, sont finalement déboutés. Ainsi, conformément à l'article 700 du code de procédure civile, les plaignants sont contraints de verser une somme de 30.000 € à Free/Iliad. Pour les non-initiés, voilà ce que l'on en dit :
L'article 700 du Code de procédure civile (D. n° 76-714, 29 juillet 1976, art. 5 et remplac. D. n° 91-1266, 19 décembre 1991, art. 163), prévoit que dans toutes les instances et ce, quelque soit la juridiction ou la formation de la juridiction qui a statué, le juge, sur la demande exprès de la partie qui obtient gain de cause, peut mettre à la charge du ou des défendeurs une somme qu'il détermine pour compenser les frais non compris dans les dépens. Seule la partie que le jugement condamne à payer la totalité ou une fraction des dépens peut être condamnée à verser à l'autre le coût des frais non comprise dans les dépens. En revanche cette compensation ne peut être allouée d'office par le juge.
En somme, le perdant va régler la note des frais exposés par la partie adverse. Nous avons pris conseil auprès d'un avocat : ce dernier confirme les premières impressions que nous avions. L'indemnité déclarée par le juge de 30.000 €, au titre de l'article 700, cela représente une très forte condamnation. De fait, dans ce genre de condamnation, ces frais peuvent monter à des sommes avoisinant 5000 € en moyenne, mais ainsi que nous l'avions indiscrètement entendu du côté des plaignants, les 30.000 € représentent « une décision sévère ».


Mieux : si l'on se prend à interpréter ce chiffre, il pourrait presque signifier que pour le juge, la décision de saisir la justice concernant les BD numérisées et gratuitement disponibles sur le serveur de Free, serait presque abusive. « Comme s'il n'était pas convaincu de la réalité du préjudice », nous confie-t-on. Et cette histoire d'erreur matérielle reste un tant soit peu en travers de la gorge.

L'avoué va avouer

Car dans cette histoire, l'avoué, qui s'est désisté, aura commis une sacrée boulette. Une boulette qui coûtera finalement les 30.000 €, mais aussi, soit de porter l'affaire en cour de Cassation - pas évident du tout - soit de remonter un dossier en pointant de nouveaux titres contrefaits, puisque ceux présentés dans le dossier ont donc été jugés.

« Cette erreur peut impliquer une perte de chance pour la profession, à l'occasion de cette affaire. La responsabilité de l'avocat pourrait être mise en cause, car finalement, si le groupe d'éditeurs BD décide de relancer une action, il aura finalement perdu un temps important. Il n'est donc pas exclu qu'une plainte soit déposée », nous confie l'un des éditeurs impactés par cette décision.

Les éditeurs pourront toujours se consoler, un tant soit peu, en se disant que depuis ce matin, manifestement, le serveur n'est plus opérationnel.