Soucoupes : rencontre entre John Coltrane et les extraterrestres

Florent D. - 02.04.2015

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Ah que cela fait du bien : un bon vieux réactionnaire confronté à l'apparition d'extraterrestres, sortes de mannequins dans une combinaison assez grossière. Et face à l'engouement de l'humanité, la morosité pas vraiment cachée du bonhomme, franchement antipathique. Souriez, vous êtes envahis...

 

 

 

 

Disquaire en pleine dépression, Christian est un mari malheureux, qui trompe sa femme, Josette, avec une jeune femme qui n'attend que de passer sa vie avec son amant. Évidemment, disquaire n'est plus réellement un métier d'avenir, quand le monde s'est soudainement élargi considérablement. La dépression est accentuée par une mère qui a définitivement perdu l'esprit, une tante qui se drogue à l'opium...

 

Et des extraterrestres en scaphandre, qui semblent changer la vie de chacun. Contre lesquels Christian n'a que récriminations et colère. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux se rend dans sa boutique. L'heure de la vengeance sonne : il lui remet un album de John Coltrane, Ascension. Particulièrement complexe, s'il s'agit de découvrir ce que signifie le mot « musique », inconnu de l'extraterrestre.

 

 

 

 

Mais l'alien finit par trouver la musique jolie, et Christian hébété, se rend à l'évidence : ces créatures ne sont pas vraiment celles qu'il s'imaginait. Ou qu'il aurait préféré qu'elles soient. Une amitié invraisemblable va naître, par laquelle Christian va servir tout à la fois de cobaye en observation, et partager avec son nouvel ami la culture terrienne.

 

Bon, bon, bon... tout cela est très bon. Arnaud le Gouëfflec et Obion signent un joli conte philosophique, où le scénario du premier se mêle à la poésie des dessins que le second propose. Cette uchronie légèrement barrée fait un bien fou, et on me dit que certains médecins la prescrivent déjà pour lutter contre la neurasthénie, les chagrins d'amour et autre crise mélancolique profonde.

 

Glénat qui publie ce tome a fait un très beau choix, qui propage cet éternel message : dans l'art, y'a du cochon. Et c'est pour ça que c'est bon.

 

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