Supermaire contre la dette toxique, la campagne en BD (Mairie d'Asnières)

Cécile Mazin - 19.02.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - mairie d'Asnières - Sebastien Pietrasanta - campagne électorale


« Nous avons du pain sur la planche pour redresser les finances ! » Ce n'est pas vraiment le genre de phrase que l'on retrouve dans les comics, ni même un propos que l'on prêterait à un super héros. Pourtant, le maire sortant socialiste à la mairie d'Asnières, Sébastien Pietrasanta, également député des Hauts-de-Seine a décidé de faire campagne, avec des bulles et des cases, en se mettant en scène dans un fascicule contenant 9 pages, sur 12, de BD. Charmant. 

 

 

 

 

C'est Gérard Matthieu, dessinateur pour l'Etudiant, le magazine qui porte bien son nom, qui s'occupe du dessin. Quant au scénario, il est évidemment très orienté : Manuel Aeschlimann, ancien maire UMP, y est présenté comme une sorte de monarque condescendant. Et bien entendu, Sébastien Pietrasanta combat le crime et l'injustice, et notamment, « la dette toxique ». 

 

Un monstre s'aventure, sorte de crapaud mutant croisé avec un Gremlins, que va affronter Supermaire, une version à lunettes du maire, qui en porte aussi - parce que la BD raconte en effet ce qui se passera après les élections. 

Asnières se croyait bien gérée... jusqu'en 2008. Jusqu'à ce qu'un rapport de la chambre régionale des comptes mette en lumière la situation catastrophique des finances, à quelques semaines des élections municipales.

 

Objectif Asnières a été mis en ligne, parce que rien ne vaut la viralité d'internet, quand on veut faire parler de soi, avec ce petit commentaire : « Une bande dessinée, ce n'est pas fréquent dans une campagne électorale. Oui, mais l'humour, ça fait aussi du bien, même en politique... »

 

« Au départ, j'étais un peu sceptique. C'est mon équipe qui a eu l'idée. J'ai vu les premiers dessins. Ça m'a convaincu. J'ai dit banco », assure le candidat à France 3. Et d'ajouter : « C'est original, percutant, mais avec des faits précis. Ça plaît bien aux gens. Je n'ai que des bons retours. C'est la première fois qu'un de mes tracts électoraux a autant d'impact. »

 

 

 

 

En 2008, Sébastien Pietrasanta avait été confronté à Manuel Aeschlimann, et à l'époque, c'est sans Supermaire qu'il avait remporté le suffrage. Quant au maire sortant, il vient d'achever une peine d'inégibilité, après une condamnation en septembre 2012, après un appel infructueux. 

 

D'ailleurs, du côté de l'UMP, on apprécie moyennement : « On ne juge pas les supports de communication de nos adversaires. Mais c'est un second degré qui passe mal dans la population. En terme d'humilité,Supermaire, c'est assez déplacé, voire grotesque. » 

 

Le tract contient également deux pages de désintoxication, intitulées Plus c'est gros, mieux ça passe, et qui énumère des ‘Pipo', contre-vérités ou mensonges que le programme entend dénoncer.