Sur Netflix, que vaut l'adaptation The Last Days of american crime ?

Florent D. - 22.06.2020

Manga/BD/comics - Comics - American Crime - adaptation comics Netflix


Depuis le temps que l’on patientait dans une chambre noire… enfin l’adaptation de The Last Days of American Crime aboutit. Réalisée par Olivier Megaton, elle s’inspire du roman graphique — trilogie ravageuse — de Rick Remender et Greg Tocchini. Diffusée sur Netflix depuis le 5 juin, la rédaction a enfin trouvé les 149 minutes nécessaires pour s’y plonger. Verdict ? Ben…



Au commencement était la trilogie ébouriffante de Remender et Tocchini : sexe, drogue, violence, dans une Amérique en proie à des émeutes quotidiennes. Des forces de police dépassées, une agressivité ahurissante et le projet d’un gouvernement : un signal en mesure de couper court à toute vélléité d’actes illégaux. Faire de sa population un troupeau de moutons dociles et calmes, l’idée a de quoi en séduire plus d’un.

Ce comics avait été adapté dans un premier temps chez Emmanuel Proust éditions, traduit par Benjamine Des Courtils. C’était splendide, explosif : un mélange soigneusement dosé entre film de cambriolage, anticipation et flots de violence, torture, sexualité débridée… En somme, à ne pas mettre dans toutes les mains. 

Puis, la trilogie avait été annoncée chez Jungle Comics, toujours aussi splendide — de fait, on n’avait rien changé. 

Et voici que Netflix s’empare d’un projet d’adaptation. Classique : le service de streaming apprécie les œuvres préexistantes, et celle-ci en a vraiment dans le ventre. Grahame Bricke, gros truand officiant à la frontière du Canada, perd son frère — un suicide en prison. Dans le même temps, le gouvernement travaille donc à cette onde qui supprimera toute forme d’agressivité illégale, et plus encore, va supprimer l’argent liquide, pour qu’il ne serve plus aux malfrats. 

Cela est bel et bon. 

En tout cas, ça l’était dans le roman graphique.



D’abord, les libertés nombreuses que la réalisation prend avec le scénario originel font tiquer. Mais admettons, et restons calés sur la version audiovisuelle de Netflix : on aboutit à un film d’action correct, sans plus, dont l’atmosphère vaut à peu près autant que la qualité des dialogues (et la quantité !) de notre personnage principal. Plutôt taiseux, grosse brute au grand cœur assez caricatural, Grahame Bricke manque de consistance et d’envergure.

Et ses coups de sang n’y changent rien. Pas plus que ses coups de reins. 

Mauvais film ? Non, trop long avant toute chose : si la photo est excellente, avec des images très réussies, on a le temps de s’endormir. 149 minutes pour rendre les trois comics d’un trait, le pari était irréaliste, et cela s’en ressent dans le rendu final. 

<

>


 
Ce qui sauve l’ensemble, ce sont des acteurs efficaces qui, malgré la sécheresse sahélienne de leurs interventions, parviennent à porter solidement la réalisation. Le trio de truands, monté de bric et de broc, et décidé à faire l’ultime casse avant que l’Amérique devienne non violente, fonctionne bien. Et entendons-nous bien : ils survivent à l'épreuve avant tout parce que la trilogie The Last Days of American Crime est portée par des personnages ultra-bien campés. 

Pas vraiment à la hauteur du roman graphique, pas mauvais non plus, on en ressort moins déçu qu’embarrassé pour les auteurs originaux…


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.