Taiwan rencontre la Savoie durant le festival de Bande Dessinée

Clément Solym - 16.10.2010

Manga/BD/comics - Univers Manga - manhuas - savoie - chambery


Depuis hier, le festival international de la bande dessinée de Chambéry s'est ouvert au public, et ce, jusqu'à demain soir. Une 34e édition qui rassemble désormais nombre de professionnels... d'Asie.

Selon le directeur de l'information à l'ambassade de Taiwan, Pascal D.K. Liu, l'événement est d'envergure. C'est en effet la première fois que le pays prend par à un tel festival en Europe. « Les éditeurs français ne connaissent pas encore les manhuas taïwanais (nom donné à la bande dessinée en Chine), mais nous essayons par tous les moyens d'établir des contacts », explique-t-il. D'ailleurs, Michel Ching-long Lu, ambassadeur de Taiwan en France, note que le pays a décidé de placer la publication et l'exportation de BD comme l'un de ses jalons dans la coopération entre les deux pays.

Chambéry en force !

Et justement, l'année 2010 du festival voit massivement arriver les éditeurs d'Asie, et particulièrement venus de Taiwan, pour présenter au public et aux éditeurs français, leurs nouveautés et catalogue. En France, le secteur manga originaire du Japon représentait le deuxième acteur mondial, soit un poids de 95 millions € pour l'année 2008 (chiffre d'affaires). Forcément, les éditeurs des pays limitrophes ont l'envie de percer dans le secteur.

Stéphane Ferrand, directeur éditorial de la maison Glénat remarque bien cette tendance depuis une dizaine d'années. Les éditeurs de Corée ou de Taiwan, proposant des mahuas, essayent de prendre le pas sur la production japonaise. Qui reste largement plébiscitée par le public. Néanmoins, si des pays comme la Chine tentent de percer également, ce dernier trouve que la production est largement inégale.

Interrogé par l'AFP, Patrick Gaumer ajoute : « Le manga, qui représente 40% du marché de la bande dessinée en France, lamine le reste de la production asiatique encore au stade embryonnaire, mais pour la première fois depuis le milieu des années 2000, on voit apparaître des titres coréens tandis qu'une maison d'édition spécialisée dans les titres chinois a vu le jour en 2005. »

Taiwan arrive ainsi avec une production qui n'est pas inédite, estime-t-il, elle reste largement en devenir et surtout d'une identité. Un discours contrebalancé par Jean-Marie Dupriez, chargé de mission auprès de l'ambassade : « La BD taïwanaise a certes été influencée par les comics américains et les mangas, mais elle a aujourd'hui trouvé son style propre. C'est un dessin très romantique, moins violent que les mangas dans lesquels tous les lecteurs peuvent se projeter. »

Cette année, l'invité d'honneur du festival est l'auteur français Patrick Sobral. « Fortement influencé par la culture du manga et plus particulièrement par “Vidéo Girl Aï” de Masakazu Katsura qu'il a tant aimé, Patrick Sobral est aujourd’hui connu pour la publication des Légendaires. »

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