Takeshi Kitano déteste l'anime, et tout particulièrement Hayao Miyazaki

Nicolas Gary - 03.11.2014

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Beat Takeshi, ou Takeshi Kitano, pour ceux qui sont moins intimes, est un artiste aux multiples facettes, qui s'est avant tout fait remarquer dans le monde du cinéma. Doté d'un humour très froid, voire pince sans-rire, cet acteur qui officie également dans le jeu vidéo aussi bien que dans la chanson ou la poésie, s'est fait remarquer à l'occasion du festival du film international de Tokyo. Récompensé d'un prix Samouraï, le cinéaste en a profité pour prendre la parole…

 

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antjeverena, CC BY SA 2.0

 

 

Dans le journal Asahi, qui rapporte les propos, on apprend donc que Kitano s'est répandu sur différents sujets, en recevant sa récompense. Evoquant des sujets liés à l'industrie du cinéma japonais, mais également sur le monde de l'anime, il s'est fendu d'une remarque pleine de bon sens. « Je déteste les animes, et je déteste tout particulièrement [Hayao] Miyazaki. Mais ses films génèrent beaucoup d'argent, alors je le respecte. » 

 

Le maître des studios Ghibli, qui a annoncé sa retraite définitive voilà quelques mois, appréciera certainement la mention. « Je n'aime pas l'animation… mais il est important de reconnaître les opinions des autres », ajoutait Kitano. 

 

Inutile de hurler au scandale trop rapidement : cette petite phrase intervenait alors que Kitano donnait quelques conseils aux jeunes réalisateurs, ou ceux qui souhaitent devenir cinéastes. Il expliquait alors qu'en dépit du genre de films que les futures pousses du cinéma, il est primordial de respecter le travail des réalisateurs, quand bien même on n'apprécie pas leurs productions. 

 

Ce qui est réellement amusant, c'est que John Lasseter, directeur créatif de Pixar et Disney, était passé juste avant le réalisateur pour rendre un hommage vibrant à Ghibli et Miyazaki, justement. 

 

Pour information, le prix Samouraï, remis également à Tim Burton cette année, est décerné à un réalisateur dont les oeuvres ont porté le cinéma vers de nouveaux sentiers, avec des approches révolutionnaires. Kitano a également taillé des croupières au monde du cinéma, en déplorant que l'industrie japonaise ait établi d'aussi fortes relations entre sociétés de production et les salles de cinéma. Et bien entendu, la presse n'en parle pas, parce qu'elle reçoit de la publicité de la part des uns et des autres.

 

Lui-même avant de réaliser Violent Cop qui fut un véritable déclencheur dans sa carrière, racontait qu'il travaillait comme comédien, mais également dans des salons de massage. « Je frottais le dos des Yakuzas », se souvient-il. Aujourd'hui, il s'éloigne de la violence : « Peut-être que je suis fatigué des films violents. J'en ai fait un peu pour faire de l'argent, au départ », reconnaît-il.