Tintin au Congo raciste : Mbutu Mondondo revient à l'attaque

Clément Solym - 31.07.2009

Manga/BD/comics - Univers BD - racisme - Tintin - Congo


78 ans après sa première parution en noir et blanc, Tintin au Congo fait encore des vagues. Le célèbre album d'Hergé fait l'objet d'une nouvelle attaque pour racisme auprès du parquet de Bruxelles, par Bienvenu Mbutu Mondondo, deux ans après sa première plainte.

En juillet 2007, Bienvenu Mbutu Mondondo, alors étudiant congolais en Sciences politiques à l'université libre de Bruxelles, avait déposé une plainte contre X et contre la société Moulinsart qui exploite les droits, auprès du juge d'instruction Michel Claise. À l'époque, le plaignant avait été interviewé par ActuBD. D'après le journal belge Gazet Van Antwerpen, le juge enquêterait toujours.

Aujourd'hui devenu comptable, Bienvenu Mbutu Mondondo récidive, et demande à ce que la BD soit retirée du commerce. Pour le plaignant « l'aide noir de Tintin y est présenté comme un petit homme stupide et sans qualités. Pour moi il s'agit incontestablement de racisme ». Si l'affaire est aujourd'hui relancée, deux ans après sa première plainte, c'est que Bienvenu Mbutu Mondondo vient d'engager deux nouveaux avocats assez médiatiques, dont le français Gilbert Collard (qui avait représenté Richard Virenque dans l'affaire Festina), comme l'a révélé la Gazet Van Antwerpen.

Il semble que la polémique autour de cet album soit loin d'être épuisée. Rappelons qu'Hergé s'était expliqué à ce sujet : « Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : “Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !”, etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique ».

Il apparaît de manière assez évidente que Tintin au Congo reflète des idées racistes et paternalistes. Mais ce sont les idées d'une certaine époque, à pendre en connaissance de cause. Cette mentalité est celle de la Belgique des années 1930. Interdire l'album serait grave. Pour la création artistique, comme pour la compréhension historique. Pourquoi ne pas dès lors interdire un chef-d'oeuvre comme Voyage au bout de la nuit de Céline ?

Sur Google Groups, Choowie a imaginé non sans un humour grinçant ce que serait le synopsis du prochain Tintin devenu ultra-politiquement correct :

« Nestor est un employé de maison syndiqué et déclaré qui travaille dans une maison de banlieue aux dimensions qui ne sont pas ostentatoires.
Le capitaine de navire non militaire Haddock profite de sa retraite par répartition en buvant de la camomille et en fumant de temps en temps et avec modération sa pipe à l'extérieur de la maison pour ne pas incommoder le jeune Tintin, RMIste qui cherche activement du travail dans le journalisme d'investigation.
Justement, Tintin vient de lire l'histoire de son jeune ami majeur, Tchang, qui aurait disparu dans le crash d'un avion, un Airbus pourtant considéré comme l'avion le plus sur de sa génération.
Ni une, ni deux, Tintin envoie un email à la fière administration chinoise pour leur signaler la disparition de son ami. Tintin aura-t-il une réponse par email dans la journée ? C'est là tout le mystère de ce passionnant Tintin
 ».