Tintin : Vente d'une couverture originale de L'Étoile mystérieuse

Julien Helmlinger - 21.01.2015

Manga/BD/comics - Univers BD - L'Étoile mystérieuse - Tintin


À partir de ce samedi, à l'occasion de la Brafa de Bruxelles, l'une des plus prestigieuses foires d'art et d'antiquités d'Europe, qui se tiendra du 24 janvier au 1er février prochain, sera vendue la couverture originale du dixième album des aventures de Tintin et Milou : L'Étoile mystérieuse, signée en 1942 par Hergé. Un événement qui devrait attirer du monde, alors que la BD rencontre actuellement le succès sur le marché.

 

 

Le Chat, également présent sur le stand du galeriste 

 

 

La galerie bruxelloise Petits Papiers-Huberty & Breyne, possède son stand à la Brafa, qui accueille exclusivement des auteurs du neuvième art. Son cofondateur Alain Huberty, relayé par l'AFP, a déclaré : « Il y a 25 ans, quand vous alliez chez un auteur de BD comme Tardi pour acheter une planche, il vous regardait en disant “Ca intéresse qui ?” »

 

Depuis, les choses ont bien changé et certains originaux s'arrachent à prix d'or. Alain Huberty explique que la couverture de L'Étoile mystérieuse constitue l'une des cinq originales du créateur de Tintin appartenant à des collectionneurs particuliers, plutôt qu'à la fondation qui gère l'œuvre du dessinateur belge depuis sa mort en 1983.

 

Des marchands ont commencé à acheter des planches dans les années 1980, pour les revendre aux comptoirs de librairies spécialisées. Des salles des ventes ont ensuite pris le relais, faisant gonfler les prix. L'intérêt du public s'en est trouvé renforcé et ces auteurs de BD ont alors été considérés comme des artistes à part entière.

 

Les collectionneurs auraient ainsi devancé les musées. Hergé, Franquin, Peyo ou encore Jacques Martin, puis la génération des Schuiten, Moebius, et autre Tardi, compte parmi les précurseurs. Alain Huberty confie : « La valeur d'une pièce se fait sur le nom, mais aussi sur la qualité. Une pièce exceptionnelle peut faire des prix exceptionnels eux aussi, comme le montre la couverture de Tintin. »

 

Désormais la BD bat des records. Ainsi une double page réalisée à l'encre de Chine par Hergé pour constituer les pages de garde des albums de Tintin publiés de 1937 à 1958, représentant le célèbre reporter et son chien Milou dans 34 situations différentes, ont été adjugée 2,65 millions d'euros en mai 2014. La maison Artcurial organisait la vente à Paris, pour ce qui constituait un record mondial en BD.

 

Le galeriste, qui rappelle que les œuvres des artistes contemporains les plus cotés se vendent à « plusieurs centaines de millions de dollars », admet que l'on n'aurait « jamais imaginé de tels chiffres il y a 5 ans ». Mais toutes les œuvres ne valent pas de telles fortunes et Alain Huberty estime qu'il existe un risque de bulle spéculative, pour les auteurs de second rang plus que pour les maîtres.


Les États-Unis et leurs auteurs de comics sont également touchés par cet engouement des collectionneurs, contrairement aux Japonais et leurs mangakas. Philippe Geluck réalise quant à lui des œuvres originales directement vendues en galerie, une façon de pousser la démarche encore plus loin même si sa cote n'est pas la même que celle impressionnante de Hergé.

 

L'on peut ainsi acquérir pour 21.000 euros, au sein de la même galerie, une toile montrant le Chat s'exclamant « Nous sommes une grande famille », entourée du personnage du Cri de Munch, des Dupont-Dupond, d'une des Demoiselles d'Avignon de Picasso et d'un personnage de Keith Haring.