Trois années de prison pour des comics pédopornographiques

Clément Solym - 04.02.2013

Manga/BD/comics - Comics - pédopornographie - comics - prison


C'était en octobre 2012, un homme âgé de 36 ans, résidant à Monett dans le Missouri, avait plaidé coupable. Il était accusé de possession de BD obscène, et le procureur recommandait alors une peine de prison de trois années. L'affaire était sortie après que la femme de l'intéressé a porté plainte en août 2011 : elle avait découvert sur l'ordinateur de son mari des images de pornographie infantile. 

 

 

 

 

Selon la femme de Christjan Bee, la BD découverte contenait plusieurs images de mineurs qui avaient des relations sexuelles avec des adultes et d'autres mineurs. Choquant, et suffisant pour conduire l'homme directement en prison, puisqu'il a été arrêté en décembre et maintenu en détention depuis lors. Incapable de se payer les services d'un avocat, l'homme a bénéficié d'un commis d'office.

 

Le titre de la BD n'avait alors pas été dévoilé et le gouverneur de district avait considéré qu'il manquait dans ce document toute valeur littéraire, artistique ou politique, voire scientifique. Un point essentiel pour déterminer si l'on est en présence d'un comics qui n'est qu'une pure exhibition pédopornographique ou une oeuvre de l'esprit qui peut échapper à la justice. 

 

Du fait que l'homme ait plaidé coupable, la question n'a toutefois pas eu à être débattue. « Nous ne disposons pas encore de suffisamment d'informations pour déterminer quels facteurs ont conduit M. Bee à décider de plaider coupable pour les charges retenues contre lui. Je dirais simplement, que la description faite par le gouvernement de la BD sur son ordinateur pourrait être celle d'une variété de BD qui possèdent ladite valeur artistique et littéraire, comme Joe Blow de Robert Crumb », expliquait en octobre dernier Charles Brownstein, directeur du Comic Book Legal Defense Fund.

 

Or, après ce douloureux moment de justice, le verdict est finalement tombé le 30 janvier, et Christjan Bee est donc condamné à trois années de prison, sans libération possible pour bonne conduite. Il écopera ensuite de cinq années de liberté surveillée. 

 

Cette affaire s'inscrit dans le cadre de la loi PROTECT, qui s'applique à condamner toute représentation pédopornographique dans le comics. Au cours de l'examen du comics incriminé, l'expert a évoqué de la pornographie juvénile et des comportements sexuels obscènes, accentuant la charge contre l'accusé. En outre, un dossier intitulé Incest comics, a été découvert dans l'ordinateur de l'accusé, où, on s'en doute, des mineurs avaient des relations sexuelles avec des adultes, considérés comme membres de leur famille. (via Justice of Missouri)