Un coming-out très attendu pour un héros de DC Comics

Clément Solym - 22.05.2012

Manga/BD/comics - Comics - Héros - gay - DC Comics


Depuis février 2009, DC Comics a lancé une nouvelle héroïne, une Batwoman rousse, typée entre la succube et la bombe sexy. Mais l'originalité n'était pas là : « Oui, elle est lesbienne. Elle est aussi rousse. C'est un des éléments de sa personnalité. Ce n'est pas son caractère propre. Si les gens ont des problèmes avec elle, c'est leur souci », expliquait-on à la sortie du titre. (voir notre actualitté)

 

Or, depuis quelques jours, le monde du comics est en émoi. Manifestement, DC Comics a décidé de s'emparer de l'une de ses figures de proue, sans toutefois la nommer, et de lui faire faire un coming out des familles, à vous en exploser le box-office, à en faire rougir Freddie Mercury, et ainsi de suite.

 

À l'occasion de la convention Kapow Comic, qui se déroulait à Londres, le coéditeur de DC, Dan DiDio, a ainsi lancé sa bombe, en assurant que « l'un de nos plus éminents personnages gay », serait prochainement dévoilé. Et qu'il appartiendrait à l'histoire de la maison d'édition. 

 

La question est donc de savoir qui, bien évidemment. C'est que, depuis un an, maintenant, l'éditeur a décidé d'introduire de plus en plus de personnages homosexuels, et assuré qu'aucune des orientations sexuelles existantes ne serait occultée. Une sorte de changement, qui se déroule maintenant, alors que le président Obama s'est dernièrement déclaré favorable au mariage gay. Eh bien de même, le vice-président de DC, Bob Wayne, explique que la politique de sa maison a évolué.

 

Les seules informations qui ont pour le moment filtré sont que le personnage sera bien un mâle, et que la révélation viendra en juin, ainsi que l'a assuré Courtney Simmons, en charge de la publicité chez DC. Toute une histoire consacrée à ce coming out, qui s'inscrira dans la tendance mise en place depuis septembre 2011, et l'apparition d'une femme, Voodoo, ouvertement bisexuelle. 

 

Ce sera également un grand retour pour le personnage, qui pourrait avoir été laissé de côté durant un long moment. Quoiqu'à ce niveau de sous-information, toutes les rumeurs soient permises. Alors évidement, les premiers noms à tomber furent Batman, de par sa relation très Socrate/Alcibiade avec Robin. 

L'homosexualité de Batman et Robin n'est pas que le prétexte à une boutade d'un auteur. Longtemps spéculée par des lecteurs plus ou moins facétieux, cette relation attise les haines de certains. Ainsi, le Dr Fredric Wertham publie en 1954 Seduction of the Innocence, dans ce véritable pamphlet anti-comics, le psychiatre dénonce l'influence négative des super héros sur les jeunes lecteurs. Argumentaire sur leurs effets pousse-au-crime du comics, la croisade de Wertham débouche sur le terrible Comics Code authority. Bien plus souple aujourd'hui, l'organe de régulation, à ses débuts interdisait les références homosexuelles.

 

Mais on a également cité Superman, bien entendu. Sauf que le catalogue de personnages est assez vaste pour que l'on puisse faire toutes les spéculations possibles et imaginables.  Superman a pour sa part toujours pu jouir d'une position étrange, entre la figure christique et l'icône gay. Et les analyses portant sur son comportement, ses attitudes n'ont jamais manqué. Après tout, à la manière de l'extraterrestre ET, figure du Christ selon Spielberg, Superman vient du ciel, fait des miracles, meurt et ressuscite...

 

A Lire : 

Homosexualité dans les comics : entre fantasmes et libéralisation

  

Inutile de tabler simplement sur les collants et le petit shorty rouge bien serré pour comprendre de l'autre côté comment l'envisager comme une égérie gay. Et sa double vie le classera même dans la catégorie drag-queen, avec un travail officiel de jour, et une vie nocturne déguisée... 

 

Reste que cette diversification éditoriale est intéressante pour l'éditeur et Marvel, bien entendu, puisqu'il existe un public nécessairement intéressé par l'arrivée de personnages dont la sexualité leur ressemble, ou dans laquelle ils peuvent se reconnaître. 

 

La nouvelle fait en tout cas son petit effet, que l'on soit gay ou non.