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Un dessinateur risque la prison pour avoir vendu ses 'hommages' à Hergé

Julien Helmlinger - 13.01.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Tintin - Justice - Dessinateur


Parmi les lots des ventes aux enchères, les oeuvres inspirées par les aventures du reporter du Petit Vingtième, lorsqu'elles sont signées ou approuvées par Hergé, font généralement un véritable tabac. Mais quand un dessinateur rémois revisite l'univers de Tintin à sa façon, pour commercialiser ses dessins au prix de quelque 1000 euros pièce, ce n'est plus le commissaire-priseur qui tient le marteau mais le juge du Tribunal correctionnel de Reims. Telle est l'histoire de Pascal Somon, qui risque désormais la prison pour contrefaçon.

 

 

 

 

Voilà plusieurs années que l'artiste âgée de 54 ans, passionné de Tintin et Milou, s'adonne non sans talent au dessin des personnages de la série qu'il revisite en versions plus vraie que nature. Lui, revendique ses oeuvres comme des création originales, avec des protagonistes resitués dans d'autres contextes que ceux des albums BD, et non pas de vulgaires copies. Elles sont signées de sa main, toujours avec la mention « en hommage à Hergé », soutient son avocat Pascal Rieg. 

 

Mais cet avis n'est pas partagé par la veuve du créateur de la bande dessinée et la société Moulinsart, titulaire des droits d'exploitation, qui ont décidé de poursuivre le dessinateur en justice pour contrefaçon. Leur avocate Florence Watrin soutient quant à elle que Pascal Somon se sert de la notoriété de l'oeuvre originale afin de faire de l'argent, un « shéma archi-classique de la contrefaçon », selon ses termes, « une petite entreprise lucrative ».

 

Elle précise notamment qu'il a fait l'objet d'une première condamnation civile, sans l'exécuter et aura poursuivi ses agissements : « Ce que fait monsieur Somon ce n'est pas du tout un hommage ». Tandis que l'oeuvre originale ne rejoindra pas le domaine public avant 40 ans, et si l'accusé admet avoir vendu une oeuvre par mois pour 1000 euros pièce, il s'agirait bien de contrefaçon condamnable selon la loi. 

 

A l'origine, plusieurs années en arrière, le dessinateur s'était donné la peine de solliciter Moulinsart pour obtenir une autorisation de commercialisation de ses reproductions. Sans réponse de la part de la société, il aura choisi de poursuivre ce qui a conduit à la première condamnation en 2010. Ne s'étant pas acquitté des 4.500 euros de dommages et intérêts suite à ce verdict, le procureur réclame désormais une peine de six mois de prison et une amende de 2.000 euros.

 

Jugement devrait être rendu le 7 février prochain.