Un Hercule diminué et dépressif, entre la Thrace et l'Irak

Antoine Oury - 26.08.2014

Manga/BD/comics - Comics - Hercule comics roman graphique - Dwayne Johnson The Rock - Steve Moore Admira Wijaya


La sortie des derniers blockbusters sonne la fin de l'été : le crépuscule de dieux se fera avec Hercule, incarné par Dwayne Johnson aka The Rock dans la superproduction de Brett Ratner (X-Men L'affrontement final, Dragon Rouge, Rush Hour). Ce Héraclès-là n'a rien à voir avec celui de l'Illiade et de l'Odyssée, mais avec un roman graphique publié en 2008, Hercule : Les Guerres thraces.

 


 

 

Peu après sa fondation en 2007, la maison d'édition Radical Books se cherche un titre puissant et fort pour imposer sa présence dans le monde très concurrentiel, et monopolistique, du comics. Barry Levine, président de Radical Comics, pense alors au personnage mythologique de Hercule, demi-dieu qui pourra sans aucun doute se prêter aux exploits d'un super-héros. Mais Levine songe également à recruter Steve Moore, au scénario...

 

Et le parcours de Hercule s'en sera trouvé considérablement modifié : Levine souhaitait « un Hercule plus humain, avec moins d'insistance sur les aspects mythologiques et plus sur ceux du guerrier », se rappelle Steve Moore auprès de Comic Books Resources. Scénariste pour les séries Hulk ou Doctor Who, Moore est un passionné de mythologie, mais peut-être plus encore d'histoire antique.

 

La raison pour laquelle il a tenu à ancrer son roman graphique dans un contexte historique des plus véridiques : les guerriers qui accompagnent Hercule sont tous historiquement avérés, à l'exception de Meneus, et auraient très bien pu rejoindre sa bande. Ainsi, pas d'Achille aux côtés du demi-dieu, puisque plusieurs années les séparent.

 

À ce titre, le scénariste a confié s'être particulièrement référé au Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine de Pierre Grimal, une référence publiée pour la première fois en 1951 aux PUF. Le récit des Guerres thraces reste - sans surprise - essentiellement guerrier, mais les actes de bravoure ne sont pas seulement là pour le Panthéon : remonté contre la guerre en Irak, l'auteur parsème « la première série de références à la guerre, que je voulais montrer cruelle, stupide et définitivement loin d'être romantique », explique-t-il.

 

Reste à voir ce qu'il en reste dans Hercule, dont la bande-annonce promet beaucoup... d'action. Le film sort dès demain en salles.