Un "Mauvais Esprit" qui passe bien, au format revue numérique

Clément Solym - 30.10.2012

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Née de la bile de 20 auteurs et dessinateurs, la « revue hebdomadaire drôle » Mauvais Esprit ambitionne de décocher des coups de crayon cyniques et frondeurs sur le Web, uniquement en numérique. James, un des cofondateurs de la rédaction avec Laurent Parez et Boris Mirroir, a esquissé l'Histoire de l'hebdo pour ActuaLitté.
 

 

La logique veut que Mauvais Esprit s'épanouisse en société : galvanisée, la revue entend « prendre en main le terrain du numérique » et s'offre « une structure et une démarche professionnelle » sous le nom Ottoprod Inc., explique James par mail à ActuaLitté. Le mauvais esprit est-il soluble dans l'ambition ? L'expérience des auteurs leur a donné la logique pour « proposer un rendez-vous fixe au lecteur » : pas « le lundi, qui est le jour où les affaires reprennent », ni « le vendredi où on a déjà un pied dans le week-end ».

 

Ce fut donc le mardi, jour désigné du « regard critique, de l'ironie, du cynisme, mais également de l'humour noir, de l'humour absurde », comme le souligne son rédacteur en chef, vieux compère de Boris Mirroir pour le blog « les mauvaises humeurs de James et la Tête X » (sa cible : le monde de la BD) en 2005 et quelques albums. 7 ans de gestation et la rédaction s'organise par mail, dans une indépendance totale : pas d'éditeur, pas d'investisseur. « Il faut dire que les auteurs contactés pour la revue, ainsi que Boris Mirroir et moi-même, viennent de l'édition indé, et ont même été  pour certains à la source de son éclosion comme Guillaume Bouzard ou Guillaume Guerse (cofondateur des Requins Marteaux) », explique l'auteur de Comme un lundi.

 

 

La sélection des auteurs, justement, permet d'obtenir la cohérence et l'émulation que l'on pourrait croire interdites à une rédaction dématérialisée, dont les réunions se font sur un forum privé : « Nous avons décidé de contacter des auteurs dont nous étions avant tout lecteurs et amateurs et que nous savions fiables » explique James, avec un clin d'oeil pour la maison 6 Pieds sous terre, 20 ans depuis avril dernier. Le mode de fonctionnement, mais également l'état d'esprit « sur le tas » rappellent l'artisanat de l'association Phylactères, dont le centre d'intérêt est aussi la bande dessinée, volontiers second degré. (voir notre actualitté)

 

La revue Jade, et quelques bosses roulées chez Fluide Glacial ont permis aux membres de la rédaction de s'arrêter sur un rythme hebdomadaire, « bon compromis entre le temps nécessaire de notre côté pour produire du contenu inédit et l'attente des lecteurs ». Parapléjak, Connard de droite, Charles Charles et les autres incarnent « l'envie de ne pas être lisse », sans aucun doute partagée par tous. Le libraire Laurent Parez, du Comic Strips Café d'Antibes, ne s'y est pas trompé en s'associant à Mauvais Esprit.

 

La revue, dont la lecture s'effectue uniquement en ligne, propose 3 formules d'abonnement, pour des durées assez courtes, de 1 à 12 semaines. Si une offre annuelle verra sous peu le jour, la « politique axée auteur » est déjà appliquée : « la moitié des recettes des abonnements sera reversée aux auteurs, et ce sans plafond ». Les mécènes sont prévenus : contre un peu de bel esprit, la revue entretiendra le mauvais.

 

Et si votre fin de mois est difficile, ça tombe bien : les 2 premiers numéros de Mauvais Esprit vous seront cédés gratuitement, contre une simple inscription sur le site de la revue.