Un million d'euros pour la planche du Sceptre d'Ottokar vendue par Renaud

Nicolas Gary - 01.05.2016

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La vente qui se déroulait ce 30 avril chez Artcurial a abouti à un résultat de plus d’un million d’euros pour la seule planche du Sceptre d’Ottokar, issue de la collection de Renaud. Un succès colossal, parmi la centaine d’originaux et objets que le chanteur avait mis en vente. La cagnotte s’élève à 1,388 million € pour l’auteur de Mistral gagnant. Pour le reste, ce sont 2,8 millions € de ventes qui ont été totalisés, avec 75 % des lots écoulés. 

 

 

 

 

Dans un communiqué, la maison des ventes assure que la salle était comble pour cette traditionnelle vente annuellement consacrée à la bande dessinée. La double planche du Sceptre d’Ottokar était au cœur des attentions : c’est à la fin de la matinée qu’elle a finalement été remportée pour 1,046 million € par un collectionneur privé. Il s’agit à l’origine d’un trésor que la veuve du dessinateur Le Rallic avait cédé au chanteur pour 100.000 francs.

 

La ligne claire fixe sur la feuille les mouvements qui donnent corps aux personnages et au décor : les Dupondt restent maladroits jusqu’à la dernière page et quittent l’hydravion dans un style qui est leur marque de fabrique. Tintin — qui adresse un clin d’œil au lecteur — et Milou complètent cette fin de récit très humoristique. Renaud précise : « Il n’y a que peu de dessins de Tintin sur celle planche, beaucoup de Dupondt, mais ce clin d’œil, comme tout lecteur, je pense, je l’ai pris pour moi. » 

 

« L’éclectisme des dessins et des souvenirs rassemblés par Renaud montre que le plaisir personnel est, pour tout collectionneur exigeant, une motivation première. On reconnaît dans ses choix des dessinateurs représentatifs d’une époque et qui ont imposé un univers. Ces artistes ont un public vraiment fidèle et sont toujours très recherchés. Ils sont devenus des classiques », assurait Éric Leroy, expert du département BD de Artcurial.

 

"J’aime infiniment les planches de Manara, Bilal, Minus ou Chaland"

 

Parmi les autres lots, l’album Tintin en Amérique, parti pour 4300 €, ou encore une planche de Quick et Flupke, partie pour 95.700 €. Ces deux personnages, tout particulièrement, ont marqué Renaud : « C’est la poésie de la rue, l’enfance et les chaussures à clous. Quick et Flupke sont un peu du Robert Doisneau dans la BD, un peu d’Albed Lamorisse en bulles, un peu des “petites canailles” du feuilleton de notre enfance. » En dernier lieu, un bronze de Tintin et Milou a été remporté pour 178.600 €.

 

 

HERGÉ (Georges Remi dit) : Les Bijoux de la Castafiore, crayon sur papier pour deux strips parcellaires de cet album (Casterman, 1963).

 

 

« Je les aime toutes, mais j’ai une tendresse particulière pour les planches d’Hergé, de Jijé, de Le Rallic et Calvo. Et, pour citer les plus modernes, j’aime infiniment les planches de Manara, d’Enki Bilal, de Walter Minus ou Yves Chaland. S’il y en a une que j’aimerais posséder, ce serait une planche du Lotus Bleu ou de Tintin au Tibet », assurait Renaud, quelques semaines avant la vente.

 

Dans l’après-midi, d’autres très grands noms de la BD se sont également disputé les faveurs du public. Jean Giraud et son encre de Chine de La jeunesse de Blueberry ou encore Nikopol d’Enki Bilal, La Foire aux immortels fut adjugée pour 49.500 €. Et un dessin de Hugo Pratt, Et in Helvetia Corto, encre de Chine, aquarelle de 1991.

 

 

 

 

  Vente Artcurial : Collection Renaud, 30 avril 2016 by ActuaLitté