Une couverture explicitement homo-érotique pour le dernier numéro de G.I. Joe

Laurène Bertelle - 21.06.2017

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Le 7e numéro du comic G.I. Joe publié chez IDW Publishing est sorti au mois de juin et il a fait parler de lui : une couverture alternative du numéro a notamment été dessinée dans le but d'être explicitement homo-érotique. Créée par Ed Luce et soutenue par l'auteur Aubrey Sitterson et IDW Publishing, cette couverture n'est pas anodine, et permet à l'illustrateur de passer un message à la fois d'humour et de tolérance.




Les comics G.I. Joe sont dérivés des figurines créées par Hasbro et mises en vente dans les années 1960. Il ont d’abord existé chez Marvel à partir des années 1980, puis c’est Devil Due Publishing qui a repris la main en 2001. Depuis 2008, c’est désormais IDW Publishing qui produit les numéros G.I. Joe.

 

Pour son 7e numéro, écrit par l’auteur Aubrey Sitterson, la franchise a demandé à l’artiste Ed Luce, créateur de la bande dessinée Wuvable Oaf, de dessiner une couverture alternative. On y voit le gang des Dreadnoks dans une bataille au corps à corps assez ambiguë, avec une allusion homo-érotique complètement assumée, qui vient remettre en question avec humour l’univers très masculin et viril de G.I. Joe.
 

« J’ai commencé par jouer avec l’enchevêtrement des corps, pour capturer la violence... mais d’une manière sensuelle », a expliqué Ed Luce à Bleeding Cool. « Les courbures des bras et des jambes, certaines positions sont délibéremment explicites. »
 

Bande dessinée et politique : une subjectivité assumée
 

Alors, est-ce le début d’une démocratisation des images gays et homo-érotiques dans le futur des comics ? C’est ce que souhaite en tout cas Ed Luce. « Il faudrait qu’il y en ait davantage, aujourd’hui plus que jamais », avoue-t-il au Huffington Post. « Et je pense qu’il faut que ce soit aussi divers que possible, embrassant toutes les sexualités, les genres, les origines. Ce que cherchent les gens dans les comics, c’est le confort, la connection et la représentation. Ils veulent s’y retrouver et je pense que montrer des images gays, sensuelles ou sexuelles, est une étape clé vers l'acceptation [...]. »

 

Le dessinateur ajoute par ailleurs qu’il n’y a pas eu d’hésitation, ni de la part de l’auteur, ni de IDW Publishing, qu’il qualifie de très ouverts sur ce type de réflexion. « J’ai quand même eu une note sur le premier croquis que j’avais fait, qui demandait à ce que le postérieur de l’un des personnages soit moins cambré, nuance-t-il, ce qui m’a fait sourire, parce que pour les personnages féminins, c’est souvent un critère de vente. »

 

Malgré les efforts, quelques clichés et clivages ont donc toujours la vie dure dans le monde des comics...