Une super héroïne sans plastique de rêve ni lingerie affriolante

Clément Solym - 18.02.2013

Manga/BD/comics - Comics - super héroïne - vêtements - physique


Catherine Abigail Daniels, ou Cat, de son petit nom, est une doctorante dont le papa est policier. Et comme toutes les héroïnes, elle dispose d'un super pouvoir : une exceptionnelle intelligence. Elle est surtout issue de l'imaginaire d'un universitaire, Will Brooker, qui est si consterné par la manière dont les femmes sont présentées dans les comics, qu'il a décidé de livrer au monde un contrepoint total. Et pour le coup... 

 

 

 

 

Cat est une super héroïne, comme cela peut se faire, avec identité secrète, influence sur le monde, et ainsi de suite. Mais son créateur n'était pas animé de la volonté de faire manger des épinards à ses contemporains : en entrant dans le magasin local qui vend des comics, il est ressorti avec la nausée. « Tous les comics sur les étagères présentaient des femmes comme des pin-ups. Avec les seins à l'air, ou des vêtements qui tombent... Si quelqu'un comme moi se sent mal à l'aise dans une librairie de comics, ce n'est pas étonnant que la plupart des adolescentes et des femmes adultes n'y mettent pas les pieds. »

 

Un point pour notre ami universitaire. Mais ce qu'il oublie, c'est que justement, pour attirer du jeune ado dans les librairies, le choix de femmes aux plastiques incommensurables n'est pas tout à fait mauvais. 

 

C'est au détour d'une séance de cours que l'idée de Cat a cheminé : en observant ses étudiantes. Jeunes, déterminées, enthousiaste, passionnée par des causes importantes... Et puis, même Batgirl est censée avoir originellement fait des études - un doctorat, d'ailleurs. « Pourquoi ne voyons-nous jamais de femmes comme cela, dans les comics ? Des femmes qui sont normales, sympathiques et vraiment intelligentes. » Et voilà que Cat prend forme, peu à peu, habillée tout à fait normalement, sans plastique de rêve, avec un premier volume qui est à consulter en ligne.

 

« Les femmes ont une bonne raison de ne pas se sentir particulièrement concernées par le genre des super héros. Moi, j'ai été plongé dans cet univers depuis mon plus jeune âge - je suis donc un infiltré », s'amuse l'universitaire. Et pour le financement, il assure au Guardian que 400 $ ont déjà été recueillis, venant de dons, qui couvrent les frais pour les auteurs. 

 

Une quinzaine d'épisodes suivront, et peut-être la publication des cinq premiers en version imprimée. « Nous avons pris tout ce que nous détestions sur les super héroïnes et nous avons inversé complètement la tendance. Aucune femme en talons aiguilles, pas de costumes étriqués, ni de proportions surréalistes. Pas de femme sans cervelle ni sans soutien-gorge, ou des pin-ups décérébrées. Pas de femme qui soient intéressées ou victimes ayant besoin d'être secourues et vengées. » Tout un programme, effectivement. 

 

Et de quoi éclairer très différemment le rôle des femmes dans les comics, et ouvrir une nouvelle ère aux super héros ?