100 ans de solitude, impossible à filmer, dixit Garcia Marquez

Clément Solym - 29.04.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Gabriel Garcia Marquez - cinéma - Cent ans de solitude


Certes, le producteur Harvey Weinstein avait accepté le projet, mais de l'avis même de l'écrivain, l'idée de transposer 100 ans de solitude au cinéma était totalement impensable. Non que s'attaquer à l'oeuvre d'un prix Nobel de littérature soit un chantier hors de portée, mais Gabriel Garcia Marquez avait posé des conditions assez drastiques pour la réalisation de ce film.

 

 

Weinstein était venu rendre visite à l'écrivain, avec cette idée d'adaptation, que le réalisateur Giuseppe Tornatore pourrait concrétiser. Garcia n'était pas vraiment chaud, mais, comme il sied pour un immense auteur, il a su leur expliquer de la plus ingénieuse des manières. Si tous deux voulaient les droits pour un portage, il faudrait répondre à une condition. « Nous devions filmer tout le livre, mais proposer un chapitre - deux minutes de longueur pour chacun - pour chaque année, depuis 100 ans », rapporte Weinstein, de cette immense conversation. 

 

Le roman, salué comme une oeuvre majeure, n'aura jamais fait l'objet d'une version pour grand ni petit écran, et Garcia Marquez refusa, pas toujours aussi subtilement, toute proposition. Le premier tournage concernant un de ses livres, qui fut autorisé aux Américains, fut L'amour au temps du choléra, que le réalisateur Mike Newell put effectuer. C'est la première fois qu'Hollywood l'emporta - et encore : on avait diagnostiqué un cancer à Garcia Marquez, et il était très préoccupé par le devenir de sa famille…

 

 

 

 

Weinstein s'était également penché sur Eréndira, dans une collaboration avec Marquez, qui écrivit le scénario. Mais Weinstein se souvient surtout de la réaction de l'écrivain, après la première projection. Le producteur avait téléphoné au romancier, pour lui annoncer que le film était écourté : le public, sur lequel on avait testé la production, s'était montré très agité durant la projection. « Si des ânes ont des spasmes sur leurs sièges, alors, dans tous les cas, nous devons leur couper les parties », rétorqua Marquez.

 

En revanche, Chronique d'une mort annoncée fut produit et réalisé par une société italienne, en raison de la critique que le roman portait contre l'impérialisme politique et culturel et des États-Unis en Amérique du Sud.

 

 

 

 

(via The Independent)