16e Salon du livre à Alger : Mahomet et l'islam, toujours gagnants

Clément Solym - 02.10.2011

Culture, Arts et Lettres - Salons - islam - musulman - prophète


Entre censure et succès public, pour sa 16e édition, le Salon international du livre à Alger n’aura pas manqué de susciter les réactions.

Au menu, explique le commissaire, Smail Meziane, un intérêt tout particulier pour les ouvrages relatifs à l'islam, et plus particulièrement, ceux venus d’Arabie saoudite. Au point que le responsable de l’espace saoudien ait eu peine à fournir les tous livres demandés.

Ma Parole !

Le plus plébiscité par un public d’hommes à barbe et vêtus du kami, fut l’édition nouvelle du Sahih Muslim, qui relate les paroles et actions du prophète Mahomet, au cours de sa vie. Commercialisé pour 18.000 dinars pièce, la centaine d’exemplaires n’a pourtant pas tardé à trouver ses futurs propriétaires. (180 € l'exemplaire, donc) 


Pour les sunnites, ce texte incarne la plus proche et authentique parole du prophète, après le Sahih al-Bukhari. Ces deux textes sont catégorisés comme des hadiths, la transcription écrite des paroles du prophète.

C’est que le pays ne recense qu’une infime population chrétienne, avec un peuple quasiment entièrement mulsuman. Selon un client, préférant rester anonyme, « les islamistes achètent plus que les autres, car leur pouvoir d'achat le leur permet. Les acquisitions sont en général financées par les dons de commerçants islamistes ».

Il faut toutefois comprendre que la chose religieuse dépasse les frontières du livre pour adulte. En effet, dans la production libanaise, qui était le pays à l’honneur, présentant 70 éditeurs, on retrouvait nombre d’ouvrages présentant l’islam à l’attention des enfants. Des livres jeunesse, traitant du monde religieux, ou encore de l’histoire musulmane, ont connu un fort succès commercial.

Succès... pour les livres autorisés

Mais cette année encore, des problèmes de censure se sont fait connaître. Si l’attaché de presse du SILA, Djamel Bouatta, assure qu’aucun des livres présentés durant cette 16e édition n’a posé problème, c’est bien que 400 oeuvres proposées ont été refusées. Non pas par le Salon lui-même, qui n’a pas l’autorité nécessaire pour ce faire, mais directement par le ministère de la Culture, comme le confirme la ministre Khalida Toumi. (voir notre actualitté)

Des livres qui dans leur ensemble se voient reprocher de faire « l'apologie du colonialisme, du racisme, du terrorisme, de la pédophilie et portant atteinte aux religions et aux prophètes », souligne le ministère.

Parmi les auteurs qui n’auront pas eu droit de cité durant cette manifestation, on compte Boualem Sansal et Salim Bachi, dont l’éditeur, Gallimard, était pourtant présent au cours de cette 16e édition du SILA.

Nous reviendrons ultérieurement sur cet exercice de censure : le dernier roman de Salim Bachi, Amours et aventures de Sindbad le marin, pour érotique qu’il puisse être à certains égards, dissimule d’autres problèmes.