1998 : David Lynch s'inspire de la littérature pour des parfums Calvin Klein

Antoine Oury - 28.01.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - David Lynch - publicités - littérature


Les publicités qui vont suivre ne vantent pas les mérites d'un parfum à l'odeur de papier, mais cela n'a empêché le cinéaste David Lynch de se replonger dans les classiques de la littérature. En 1998, tandis que son film Lost Highway est sorti l'année précédente, le cinéaste accepte la proposition de Calvin Klein, la réalisation de 4 spots publicitaires.

 

 

 

 

 

Les publicités réalisées pour la marque sont les premières que Lynch réalisera, et seront suivies par d'autres, pour du café, notamment, ou des pâtes Barilla. Des commandes que Lynch honore avec autant de sérieux que ses propres films : pour les 4 spots destinés au parfum Obsession de Calvin Klein, il s'est ainsi inspiré de 4 textes majeurs de la littérature.

 

Francis Scott Fitzgerald, D.H. Lawrence, Ernest Hemingway et Gustave Flaubert sont ainsi convoqués, avec une citation de leurs textes dans chacune des vidéos de 30 secondes. Si la marque a conservé les attributs esthétiques qui sont les siens (le noir et blanc, contraste appuyé), Lynch y ajoute sa patte, en se concentrant particulièrement sur la photographie.

 

Dans celle de Fitzgerald, on reconnaîtra Benicio Del Toro et Heather Graham, tout jeunes. L'extrait choisi dans la bibliographie de Fitzgerald vient bien entendu de Gatsby le Magnifique, celui de Lawrence est tiré de Femmes amoureuses, tandis que Le Soleil se lève aussi, d'Ernest Hemingay, est cité dans la troisième. Enfin, pour Gustave Flaubert, Lynch s'est tourné vers Madame Bovary.

 

 

 

 

Frederick Elmes s'est chargé de la photographie, et Lynch, encore plongé dans Twin Peaks, a mis à contribution ses acteurs favoris, présents dans la série : Lara Flynn Boyle, Ian Buchanan, James Marshall et, donc, Heather Graham. « J'aime beaucoup faire des publicités pour les marques de vêtements ou de parfums. Elles touchent toujours aux rêves. Et aussi, en Europe, les clients laissent plus de liberté au réalisateur. Ils veulent toujours vendre le produit, donc on ne peut pas faire n'importe quoi, mais c'est très agréable de travailler avec eux », explique le réalisateur.

 

 

 

 

 

 

(via Open Culture)