31e Foire de Brive : Trierweiler au "centre du monde littéraire"

Clément Solym - 11.11.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Aurélie Filippetti - Valérie Trierweiler - Foire du livre de Brive


Venue en toute hâte pour inaugurer la 31e édition de la Foire du livre de Brive, la ministre de la Culture s'est également fendue d'un petit discours, en présence du président Érik Orsenna. Une découverte, manifestement, pour Aurélie Filippetti, qui avait entendu parler de cette manifestation... mais n'y avait jamais mis les pieds. Eh bien, attention où on les mets, justement.

 

 

 

 

Brive, ce sont les récits paillards de la presse parisienne, venue s'aviner abondamment, au goulot de multiples et dives bouteilles. Mais on trouve aussi, au sein de la Foire,  des livres, de la « culture comme une fête », explique la ministre, « comme je l'aime, vivante, proche, au cœur de notre pays, partagée, goûtée par tous ». D'ailleurs, pour goûter, on goûte, comme le déclare Bernard Pivot, donnant tout autrement le feu vert : 

 

Un train pas banal, cette année, tout simplement un Orient Express... 

 

Train-train contre Oui-Oui

 

Et comment : Brive, c'est chtonien, solidement campé, mais « jamais autant qu'à Brive n'est célébrée la langue française », assure la ministre, qui va se faire des amis auprès des autres festivals. Cette année encore, ce sont 400 écrivains qui sont réunis, depuis leur départ dans le train du livre, tout une « belle diversité représentée », pour Aurélie, ou, plus facétieusement, comme le dit Bernard Werber : 

 

Prise au coeur de la rentrée littéraire, la Foire de Brive « est sans doute pour les auteurs le moment le plus chaleureux et le plus intense ». On y célèbre les prix obtenus, et les malheureux « oublient toutes les mésaventures, les épisodes de la parution de leur livre ». C'est avant tout « le plaisir d'être ensemble, de se sentir accueillis, protégés, compris, encouragés comme savent si bien le faire à leur égard la ville de Brive, les autorités, les habitants de Brive ». Virgile, dans ses Géorgiques, n'aurait pas été plus élégiaque.

 

D'ailleurs, l'une des invités les plus en vue, cette année, n'a pas manqué le rendez-vous : 

 

Et dire que pour Dali, le centre du Monde, quelle que soit la journée, restait la Gare de Perpignan...

 

 

 

 

Vedette, difficile à rater, elle est venue pour présenter son fameux ouvrage de photos commentées, publié au Cherche Midi, sur les 400 jours de prélude à la victoire de François Hollande. Un bouquin pas trop ‘cliché', et d'une réelle objectivité : « Au fil des mois, on suit la mue d'un homme qui, progressivement, emporte l'empathie des Français tandis qu'il se glisse dans la peau d'un futur président de la République. Ce livre offre des images exclusives, intimes et inédites de tous les moments-clés de la campagne, commentées par Valérie Trierweiler. » [NdR : nous soulignons]

 

Brive, 31e, ou le "Sermon" sur la chute de Rome

 

Entre le foie gras, les réjouissances, les alcools et les auteurs, la ministre salue une Foire qui a « la volonté de faire partager le livre et la lecture au plus grand nombre, au plus large public ». Avant de conclure : 

C'est au fond ma profonde ambition en termes de livre et de lecture : que le livre soit accessible à tous, quel que soit son support, et que nous innovions toujours pour ne pas laisser des citoyens et des territoires en marge de cette richesse culturelle. C'est l'une des priorités fixées par le président de la République qui vous le savez est très attaché à la Foire de Brive.

Je salue donc le travail de toutes celles et de tous ceux qui se mobilisent pour permettre cette rencontre entre les écrivains et leur public et souhaite à cette édition de la Foire du livre de Brive tout le succès qu'elle mérite.

 

Et pour cause, c'est peut-être en venant draguer l'édition et le président de la 30e édition de la Foire, l'an passé, Antoine Gallimard, que François Hollande s'est distingué, alors que Nicolas Sarkozy, déplorait alors le PDG des éditions éponymes, n'avait «jamais eu le temps de venir au Salon du livre de Paris ». 

 

Or, en marge de ce discours, la ministre a également tenu à pourfendre les contempteurs : « Je ne serai jamais de ceux qui pensent qu'il y a trop de livres publiés chaque année », promet-elle, fervente. Comme le ridicule ne tue pas, elle a pu continuer sereinement. Car, avec le président de la République, ils se sont tous deux donné la mission de « de défendre la littérature et plus généralement la culture et la création face aux menaces liées à la mondialisation (...) et à l'uniformisation de la chaîne du livre », rapporte l'AFP.

 

Et, l'occasion étant trop belle, la ministre a également salué les mérites de la loi Lang, socle qui « a permis de préserver la diversité de la chaîne du livre et aujourd'hui, à l'heure du numérique, nous devons trouver les mécanismes de régulation qui permettront de pérenniser l'héritage de cette loi ». D'ailleurs pour conforter la position du livre dans le paysage français, à partir de 2014, la TVA baissera encore d'un petit cran, en passant à 5 % - pour le papier et l'ebook. 

 

La Foire s'achèvera ce 11 novembre, non sans avoir salué les 20 ans de Charlie Hebdo, dont toute l'équipe est présente, et s'est même offert le luxe de réaliser l'affiche de la 31e édition.