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99 francs, le film qui ne valait pas un euro ?

Clément Solym - 16.12.2007

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Frédéric - Beigbeder - 99


Chaque année, la pub brasse 500 milliards de dollars. L’ONU estime que 10 % de cette somme suffiraient à réduire de moitié la faim dans le monde. Un secteur à creuser ?

Adapter un livre au ciné… Le rêve de son auteur. Sauf quand ce dernier se prénomme Bègue-bédé. Car 99 Francs au ciné, c’est un double revival pour Fredo. Souvenez-vous, on s’était tout juste satisfait du bout des lèvres de la suite imbittable ou presque des aventures d’Octave au pays des Cosaques. Mais quoi qu’on en dise 99 francs méritait bien d’être lu. Revival, pour le côté autobiographique du bouquin, mais également pour ses apparitions remarquées et remarquables tout au long du film. Mon petit Fred, dans ton ensemble d’hôtesse de l’air, tu as réveillé en moi des fantasmes que j’espérais finis depuis l’adolescence.

Alors, sous quel angle attaquer cette critique, qui vous le savez n’en sera qu’une à demi eu égard au respect que j’entretiens pour les vrais critiques. Enfin, j’attends toujours d’en rencontrer un. Un peu comme Socrate cherchait un homme.

L’histoire d’Octave, le publicitaire créatif au sommet de sa gloire commencera ainsi par le récit de… son suicide. Procédé toujours sympa, à condition que l’on vous fasse oublier durant le film la petite supercherie d’introduction. Et dire que Jean Dujardin campe pile-poil le rôle d’Octave Parango tient de l’euphémisme. Il y est bon, nous fait oublier le triste sire Brice en rentrant dans un personnage que l’on croirait écrit pour lui. Aussi, pas d’inquiétudes, l’interprétation tourne bien, pour lui en particulier, mais pour le reste de la distribution en général itou.

La photo, elle alterne entre la simplicité d’un monde superficiellement complexe et des matraquages époustouflants de couleurs (Ô mon dieu le passage à Miami ! De la pure folie !), de jeux sur l’image et des effets spéciaux qui saupoudrent l’ensemble sans lourdeur ni exagération. Les décors s’approchent agréablement de ce que le lecteur avait pu s’imaginer à la lecture initiale, même pour un spectateur non initié. L’atmosphère générale rendue par les différents lieux, dont La Ross qui illustre ma foi fort justement le cadre de travail de notre publicitaire. Enfin des petits trucs amusants ponctuent le film, je ne retiendrai que le titre rédigé moitié avec des traces de cocaïne moitié avec des traces de doigt dans ladite cocaïne.

En fait, l’économie du film installe bien dans l’ambiance du livre, profite de l’histoire pour présenter un monde d’argent et de manipulation, mais est-ce convaincant ? Parce qu’en vérité, en vérité, je vous le dis, si l’on ne s’ennuie pas vraiment durant le film, et que le lecteur en sortira avec une autre vision de sa lecture, on classerait volontiers 99 francs dans le compartiment décrit par nos confrères du Canard enchaîné : « Film que l’on peut voir à la rigueur ». Simplement parce que le lecteur sera forcément un peu déçu par l’ensemble bien qu’il gagnera une petite plus value, due essentiellement à un remodelage du scénario. Attention, cela dit, il faut accepter de rentrer dans l’esprit du film, c'est-à-dire drogue (beaucoup), sexe (pas mal) et millions brassés pour vendre du yaourt (des tonnes, de fait) à la ménagère dépressive de moins de blablabla…

Alors, oui, à la rigueur, on peut aller le voir, quand on a lu le livre, au moins par curiosité. Si l’on n’appartient pas à la catégorie citée, alors au contraire, on peut lâcher le cœur léger les 8euros et quelques. L’heure quarante que l’on passe est agréable, on rigole de toute façon même si c’est en grinçant des dents parfois – cf les images de vaches qui passent à l’abattoir… Le rythme rapide enchaîne les événements au son d’une voix off qui ne ralentit pas le récit. Enfin bref… On ne va pas rallonger la tartine. C’est à voir pour qui ne connaîtrait pas le bouquin, et à découvrir au risque d’en sortir mitigé pour qui l’a déjà lu.

Dans tous les cas, on regardera de la même manière son panier de course.
Faut bien vivre,hein...

Pour approfondir

Editeur : Arenes
Genre : autisme
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782352040750

Embrasser le ciel immense ; le cerveau des génies

Daniel Tammet est un autiste Asperger, génie des nombres et des langues. Aujourd'hui, il a vaincu la prison de l'autisme : c'est un écrivain à part entière, un savant plein d'humanité et doté d'une sensibilité bouleversante. Les plus grands neuroscientifiques du monde se sont penchés sur son cas et ont dialogué avec lui. Il a appris sur la façon dont son cerveau (et celui des autres) fonctionne, qu'il a voulu nous raconter ses découvertes. Apprendre, raisonner, calculer, mémoriser, créer... Les capacités de l'esprit humain sont infinies.

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