À Chambéry, on attache des livres à des chaises (sans violence)

Nicolas Gary - 23.05.2019

Culture, Arts et Lettres - Salons - festival Chambéry - premier roman - commerçants engagement


Le 32e festival du Premier Roman a ouvert ses portes ce 22 mai, jusqu’au 26 mai. Et c’est toute la ville de Chambéry qui se met au diapason, pour accueillir les auteurs, et sourire aux habitants. Le chapiteau est dressé place Caffe, et sous l’égide de Boualem Sansal, cette édition est placée sous le thème de l’engagement.



Des incitations au voyage... assis



Olivia Benoist-Bombled, directrice artistique du salon, souhaitait cette approche thématique, poursuivant sur la lignée de 2018. « Nous avions l’an passé consacré notre travail aux métiers du livre. Bien entendu, l’engagement, c’est celui de notre invité d’honneur, Boualem Sansal, dont les écrits portent cette marque. Mais c’est aussi celui de la manifestation, fondamentalement. »


Réfléchir à la manière de consommer, de vivre notre citoyenneté : à ces questions, la littérature et les ouvrages des primoromanciers peuvent apporter des réponses — ou susciter d’autres questions. « Notre engagement repose aussi sur celui d’un accès à la lecture, pour tous les publics. Ces dernières années, nous avons remis la ville au centre de la manifestation, pour que les Chambériens s’approprient le festival. Et nous cherchons toujours de nouveaux publics. »

Les multiples partenariats tissés avec la Belgique, le Québec, la Roumanie, ou encore l’Allemagne et l’Italie sont autant de moyens pour que rayonne la manifestation à l’étranger, auprès de communautés francophiles. Des échanges et invitations d’auteurs étrangers et français peuvent ainsi s’effectuer entre Chambéry et les différentes villes impliquées. 

« On ne le sait pas, mais Chambéry est un haut lieu international de la littérature », plaisante Olivia Benoist-Bombled. « Cependant, nous avons entamé une reconquête du territoire, en collaborant avec des structures locales. »
 

Raison pour laquelle les croisements entre les mondes culturels sont si nombreux et précis. La danse, les arts numériques, la littérature, « le festival, s’il avait une vocation, serait celle de parvenir à toucher chacun, et provoquer le goût de l’interrogation, sans discriminer : être à la hauteur de chacun, et pouvoir élever les échanges ».



Sous le chapiteau, les livres, et des espaces tenus par trois librairies – y compris une sélection en italien

 

Et l’engagement des commerçants de la ville, lui, est manifeste, dès que l’on sort de la gare : au coin des rues, on retrouve des chaises peintes, avec un bolduc et un livre (ou plusieurs) attaché(s).

Débutée modestement voilà deux ans, l’initiative a pris une considérable ampleur : « Près de 230 chaises sont réparties devant les magasins. Et on nous appelle désormais, pour nous demander pourquoi celle de telle ou telle boutique n’est pas encore arrivée. »
 


 

Certains n’ont pas pris la peine d’attendre : ils ont directement peint leur propre chaise, posée ostensiblement au pied des devantures de magasins. Bien entendu, tous les livres ne restent pas sagement posés : des larcins difficilement répréhensibles surviennent, et les livres voyagent. Certains roumèguent...
 

« Mais on ne connait personne qui vole les livres pour les mettre à la poubelle », s’exclame Armand Gauz auteur de Camarade papa, publié au Nouvel Attila, invité à intervenir dans le cadre de la journée professionnelle. « Une pareille personne serait un dangereux sociopathe », s'amuse-t-il avec un large sourire.




 

Bien entendu, les chaises ne servent que rarement à s’arrêter pour lire : « En matérialisant la manifestation par des livres posés, ce sont des éléments de communications dont s’emparent en réalité les commerçants, et qui sont autant de relais pour rappeler la tenue de l’événement », reprend Olivia Benoist-Bombled. 


D’ailleurs, on ne s’arrête pas en si bon chemin : sur les vitrines ont été recopiés des extraits des livres sélectionnés pour le festival. « Les auteurs font même la chasse pour trouver où leur livre est cité. » La conquête des publics passe par les attentions les plus évidentes.

Tous les renseignements sur la manifestation sont à cette adresse.


crédits photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.