A Chicago, un nouveau musée dédié à la littérature américaine

Laurène Bertelle - 11.05.2017

Culture, Arts et Lettres - Expositions - American Writers Museum Chicago - musée littérature américaine - ouverture musée Chicago


Un tout nouveau musée consacré à la littérature américaine va ouvrir ses portes à Chicago. De John Steinbeck à Ernest Hemingway, en passant par Flannery O’Connor, Emily Dickinson ou Jack Kerouac, les visiteurs pourront découvrir et redécouvrir les plus grands auteurs des Etats-Unis d’une manière ludique et interactive.




 

L’idée est venue à Malcom O’Hagan, ancien cadre à Washington D.C., quand il a visité le Dublin Writers Museum en Irlande et qu'il s’est alors demandé pourquoi il n’y avait rien de similaire aux Etats-Unis. Le American Writers Museum, musée dédié aux plus grands auteurs américains, ouvrira le 16 mai prochain à Chicago.
 

Situé au deuxième étage d’un immeuble de la North Michigan Avenue, non loin du Millenium Park et du Art Insitute, très prisés par les touristes, le musée est décrit par le New York Times comme le « premier musée dédié à l’accomplissement collectif des écrivains de la nation ».
 

Les plus grands auteurs américains mis à l'honneur
 

Le projet en tête, Malcom O’Hagan a donc engagé Andrew Anway, fondateur de l’entreprise Amaze Design, qui a organisé un brainstorming avec des auteurs, des éditeurs, des chercheurs, des professeurs et des libraires de différentes villes américaines.
 

« Une des principales choses qu’on nous a demandées, c’est si le musée allait être un Athenaeum, avec des fauteuils en cuir et beaucoup de chêne, explique le designer Andrew Anway pour le New York Times. C’était quelque chose que je voulais vraiment éviter. Nous voulions que les personnes qui viennent aient des expériences différentes vis-à-vis de la littérature ».
 

La décision a été prise de ne présenter dans l’exposition permanente que des auteurs décédés ; les auteurs vivants étant réservés aux expositions temporaires.



 

Exit le musée traditionnel aux livres anciens disposés fièrement derrière des vitrines, le American Writers Museum est dans l’air du temps. A la place des manuscrits et des premières éditions, on trouve des écrans tactiles interactifs et des installations high-tech, ainsi que des canapés confortables, notamment dans le coin enfants.
 

En réalité, l’exposition est un savant équilibre entre une immersion ludique et une instruction plus rationnelle. La galerie « Une nation d’auteur », plus traditionelle, est une chronologie de 100 auteurs importants, tandis que la galerie « L’esprit d’un auteur » se concentre sur le processus créatif, en mettant à disposition des écrans tactiles qui permettent aux visiteurs de revenir sur l’histoire et la création de 25 chefs d’œuvres comme Gatsby le Magnifique ou Une femme noire.
 

Un musée moderne et interactif pour développer la créativité
 

D’autres installations regorgent d’originalité, comme une fontaine de mots où défilent des citations sur l’écriture, une « bibliothèque surprise » dans laquelle des boîtes lumineuses renferment des objets concernant un livre et son auteur, un quizz pour savoir à quel auteur vous ressemblez le plus, une table de machines à écrire vintage sur lesquelles les visiteurs peuvent écrire, ou encore des commentaires vidéos sur des thèmes tels que l’identité, l’opportunité ou l’expérimentation, réalisés par la critique Maureen Corrigan et les chercheurs Ilan Stavans et Ivy Wilson. 
 

Le musée ne possède pas d’objets de collection, mais a fait un prêt de 6 mois pour exposer l’impressionnant rouleau de 50 mètres de long sur lequel Jack Kerouac a rédigé Sur la route.

On the Road manuscript

(Manuscrit de Sur la route, Steve Rhodes, CC BY-NC-SA 2.0) 

Le American Writers Museum se dote donc d’un esprit populaire qui se veut inspirer les visiteurs et les interroger sur leur propre écriture.
 
« La culture littéraire américaine est singulièrement démocratique et semble surgir d’en bas, énonce Max Rudin, éditeur chez Library of America. L’un des mystères de la création littéraire, c’est qu’elle provient d’hommes et de femmes qui sont comme nous. Si le musée peut créer ce sentiment de connexion et d’intimité, c’est une bonne chose. »

Car la littérature est souvent sujet de débats, Andrew Anway s’attend des critiques sur ce musée résolument moderne, sur les choix des auteurs et des installations, mais se veut rassurant : « Nous ne prétendons pas à un espace encyclopédique, nous évoluerons. » Alors pour ceux qui sont prêts à faire le voyage pour visiter le musée, les entrées sont entre 8 et 12 dollars.


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