À Francfort, un organisateur musèle deux intervenants chinois

Clément Solym - 21.10.2009

Culture, Arts et Lettres - Salons - Francfort - organisateur - licenciement


Peter Ripken, directeur de projet de la Foire du livre, vient de se faire tout simplement virer par les organisateurs, parce qu'il aurait, selon certaines informations, empêché deux militants chinois de prendre la parole durant la cérémonie de clôture. Or, Ripken s'était également illustré précédemment en oubliant d'inviter - pour dire le moins - les deux délégués.

Alors, fait-on simplement porter le chapeau à Ripken pour un incident de fin de parcours ? La Foire a officiellement déclaré qu'elle rencontrait « certaines difficultés » avec lui, qui ont tout bonnement conduit à son licenciement.

Or l'intéressé précise de son côté qu'il n'a agi que sur les consignes du ministère des Affaires étrangères allemand, faisant en sorte de museler les deux intervenants. Bei Ling, l'un des deux dissidents, prêterait foi à cette version, attestant que selon ses sources, le ministère n'était pas favorable à sa participation à la cérémonie. « J'aimerais en connaître les raisons », lance-t-il.

C'est Ripken encore qui nous avait donné les chiffres de fréquentations en baisse de cette édition 2009. Il évoquait le fait que la Turquie avait largement plus attiré les foules, par la présence de personnes d'origine turque en Allemagne, mais également que la crise financière avait contribué à cette chute.

Le magazine allemand DW World détient quelques informations supplémentaires sur l'affaire Ripken. Il aurait en effet déclaré que dans tous les cas, la cérémonie de clôture n'avait « absolument rien à voir avec la Chine ». Dans ces circonstances, pourquoi alors donner la parole à deux ressortissants ?

Probablement parce qu'il en avait été décidé ainsi. Le ministère des Affaires étrangères n'a toujours pas communiqué sur cette situation. De leur côté, les représentants officiels chinois étaient manifestement farouchement opposés à l'intervention des deux militants, notamment Dai Qing, considéré comme un critique sévère de la politique environnementale chinoise.