A Genève, "la liberté d'expression et son bon usage" au salon du livre

Cécile Mazin - 04.05.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Salon livre Genève - liberté expression - rencontres professionnels


Du 29 avril au 3 mai, se tenait la 29e édition du Salon du livre de la presse de Genève. Avant de célébrer les trente ans de cette manifestation en 2016, les organisateurs reviennent sur un événement qui a consacré « la liberté d'expression et son bon usage ». Au cours des tables rondes et des rencontres de ces cinq jours, éditeurs, auteurs, diffuseurs, journalistes et responsables politiques ont pu se retrouver.

 

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Avec près de 95.000 visiteurs, la manifestation a réuni autant d'entrées que l'année passée. « Le pavillon de la Russie, hôte d'honneur, a vécu des échanges riches. Le stand du Jura, invité d'honneur, n'a pas désempli », se réjouissent les organisateurs. Le 30e Salon du livre et de la presse aura lieu du 27 avril au 1er mai 2016.

 

 

Le pont du premier mai n'a pas réussi à dissuader les Romands de se rendre à « leur » salon du livre, ni d'y prendre du plaisir. Aux côtés de nombreux livres de Bernard Comment vendus et des innombrables dédicaces de Derib, plus de 2900 raclettes,vingt kilos de Tête de Moine et 25 kilos de saucisse d'Ajoie ont trouvé preneur. Quelque 8000 enfants ont participé à la chasse au trésor, dont les animateurs étaient quasiment à court de formulaires dimanche en milieu d'après-midi.

 

Par son architecture, la qualité des échanges et des thèmes abordés, 2015 était une grande cuvée. La richesse des débats ainsi que la chaleur de l'accueil des nombreux libraires ont été largement appréciées. Avec quelques quelque 820 maisons d'édition présentes et 2000 animations, comme en 2014, mais 1050 intervenants soient 200 de plus que l'an dernier, le salon a répondu aux attentes. Des erreurs judiciaires à la gastronomie russe, de la lutte contre l'antisémitisme aux échanges entre cultures arabes et européennes, de la lecture de Soljenitsyne aujourd'hui aux poèmes d'Alexandre Voisard, le salon a offert un condensé de savoir et de plaisir à l'image d'une encyclopédie vivante et divertissante.

 

Aux scènes présentes en 2014, l'apostrophe, la place suisse, la place du Moi, le Salon africain, la scène de la BD, la scène du crime, la scène du voyage et le Pavillon des cultures arabes, s'ajoutaient cette année la place de la formation et la scène philo. Mathieu Ricard, Georges Nivat, Abdellatif Laâbi, mais aussi Chappatte, le dessinateur iranien Mana Neyestani, Luc Ferry, Marcela Iacub, Marie Laberge ou Nancy Huston se sont rendus à la rencontre de leur public, lequel a parfois dû assister debout aux débats tant l'affluence était grande.

 

Un nombreux public s'est pressé aux séances de dédicaces, qu'il s'agisse de rencontrer Vladimir Pozner, Yves Laplace, Malek Chebel, Sylviane Dupuis ou Tristane Banon. De nombreux auteurs ont été interviewés par la Gazette du salon, mise sur pied en collaboration avec l'université de Neuchâtel. Pour sa seconde année, ce quotidien a épuré sa maquette et enrichi son contenu.

 

Divers prix ont été décernés dans le cadre du salon. Patrick Rambaud a reçu le Prix Montblanc du Salon du livre pour Le Maître (Grasset). Le prix Ahmadou Kourouma, soutenu par la Direction de la coopération au développement (DDC) et l'Organisation internationale de la francophonie, est allé au jeune écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr pour son roman Terre Ceinte (éditions Présence africaine).

 

La RTS a remis le Prix du public à Marie Perny pour Les radieux (éditions de l'Aire) tandis que le Prix littéraire SPG est allé à Jack Küpfer pour Black Whidah (Olivier Morattel éditeur) et que Pro Senectute a décerné le Prix Chronos à Yaël Hassan et Matthieu Radenac pour La fille qui n'aimait pas les fins (éditions Syros).

 

Trois ministres ont honoré le salon de leur présence, le Conseiller fédéral Alain Berset, présent à l'inauguration, le ministre russe de la culture Vladimir Medinski et Veniamin Kaganov, vice-ministre russe de la science et de l'éducation. Moncef Marzouki, président de la Tunisie de décembre 2011 à décembre 2014, a également visité le salon, dont la Tunisie sera l'hôte d'honneur en 2016.

 

Les quinze librairies du salon, la librairie suisse, le Trait d'union, le Moi, la librairie de la Bande dessinée, la librairie africaine, la librairie du voyage, le crime, la librairie arabe, l'apostrophe, la formation, la librairie du Cercle de la Librairie et de l'Edition de Genève l'Îlot de la jeunesse, Humus littérature érotique, la librairie du Globe (librairie russe de Paris) et la librairie jurassienne ont su attirer de nombreux amateurs par une sélection riche et pertinente d'ouvrages.

 

« Je suis très heureuse du succès des premières Assises de l'édition francophone. Elles ont ajouté au salon grand public une dimension de rencontres professionnelles dans lesquelles se sont noués des contacts très riches et porteurs de projets communs », a déclaré Isabelle Falconnier, la présidente du salon. « Nous dévoilerons début 2016 une série de nouveautés qui ne modifieront pas l'âme de ce rendez-vous mais en renouvelleront la forme. Rendez-vous en 2016 pour les 30 ans de ce salon qui a prouvé cette année encore qu'il répondait à une attente du public et des professionnels », a indiqué pour sa part Adeline Beaux, directrice du salon.