À Londres, les poètes devancent les athlètes

Clément Solym - 04.07.2012

Culture, Arts et Lettres - Salons - Jeux Olympiques Londres - Poetry Parnassus - Hamid Ismaïlov


À l'occasion des JO, mais surtout des Olympiades Culturelles, la Grande-Bretagne accueillera toute une série d'événements : théâtre, musique, littérature, cinéma, sculpture... En somme, cinq anneaux et sept Muses : le Poetry Parnassus a ainsi réuni 204 poètes venus du monde entier.


Poetry Parnassus

(auteur : HollyColleen)

 

« Avant même que nous remportions la mise, nous avions prévu d'inclure la culture en prélude aux Jeux et même pendant les Jeux » se félicite Moira Sinclair, directrice de l'Art Council England, chargée de l'organisation du London Festival 2012, pour lequel 97 millions £ ont été débloquées, Olympiades Culturelles comprises. Pour mémoire, les seules cérémonies d'ouverture et de clôture des JO coûteront au pays 80 millions £.

 

Parmi les manifestations, le Poetry Parnassus était particulièrement attendu : il faut dire qu'il a été annoncé en fanfare, le rotor d'un hélicoptère faisant office d'orchestre et des poèmes par milliers de confettis. (voir notre actualitté) Gioconda Belli, poète nicaraguayen, considère l'événement comme un moyen pour les poètes de « relativiser leur situation individuelle, ou celle de leur pays, et de participer à un grand choeur commun ».

 

Un poète par pays participant, cela permet de représenter des écritures à l'exposition généralement très faible : Hamid Ismaïlov, directeur du service de l'Asie centrale à la BBC, écrivain et poète ouzbek, a saisi sa chance de « représenter non pas l'Ouzbékistan, mais la littérature de l'Ouzbékistan » dont les auteurs sont régulièrement emprisonnés ou baillonnés. « Je me souviens de mes collègues, des poètes qui sont emprisonnés. » Lui-même a été expulsé du pays en 1994.

 

Vendredi soir, ce sont pas moins de deux prix Nobel qui se sont illustrés pour des lectures, Kay Ryan et Seamus Heaney. Des groupes de travail créatifs et des tables rondes ont complété le programme de ces six jours de poésie débridée.