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Abu Dahbi réouvre le théâtre impérial de Fontainebleau 140 ans plus tard

Louis Mallié - 05.05.2014

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Second Empire - Émirats Arabes Unis - Restauration


Le théâtre impérial du château de Fontainebleau est désormais ouvert au public depuis samedi dernier. Restauré grâce à un mécénat de dix millions d'euros des Émirats Arabes Unis, il a été inauguré mercredi en présence de la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti. 

 

 AndreasPraefcke, domaine public

 

« Un lieu tout simplement oublié », et un « trésor du patrimoine français », c'est ainsi que Jean-François Hebert, président du Château de Fontainebleau qualifie le théâtre. Pour donner corps au faste au Second Empire, Napoélon III avait décidé en 1853 de l'aménagement de l'édifice. Long de 45 mètres et large de 15 mètres, il a été inauguré en 1857 avant de tomber rapidement dans l'oubli, suite à la chute de l'Empire en 1870. 

 

Si ce n'est pour la chute de son lustre en 1926 et quelques représentations à laquelle assiste une pointée d'officier pendant l'Occupation allemande, plus personne n'entend parler du théâtre. Des rumeurs de restaurations planent dans les années 70, mais rien n'aboutit. Il aura donc fallu 2007, et l'accord du Louvre Abou Dhabi pour que l'Émirat fasse part de son souhait « de faire un geste supplémentaire pour un lieu patrimonial français. » 10 millions d'euros sont promis, et les travaux commencent en 2013.

 

La cour impériale en villégiature au château (1860)

anonyme, domaine public

 

Ce ne sont pas moins de 22 corps de métier qui ont été mobilisés pour restaurer la salle de spectacle : soirées capitonnées, moquettes, ornements peints ainsi que le célèbre lustre aux cent lumières ont bénéficié d'un travail consciencieux. Pour l'instant l'Émirat a débloqué 5 millions d'euros qui ont donc permis de réinscrire le théâtre dans le circuit de visite du château. 

 

Les cinq autres millions devraient permettre de remettre la scène ainsi que l'ensemble du dispositif scénique en état. Huit tableaux ont également été reconstitués qui offriront « un témoignage précieux de l'art scénique au XVIIIe et XIXe siècle. » Elle accueillera donc quelques représentations par an jouées par les comédiens qui accepteront de jouer dans les conditions d'époque. Pour des raisons de sécurité, ce ne sont cependant que 200 privilégiés qui pourront assister aux spectacles contre les 400 à l'époque du Second Empire. 

 

En contrepartie de son don, le Cheikh Khalifa ben Zayed al Nahyan verra donc le théâtre renommé à son nom. Une compensation que Jean-François Hébert affirme « ne pas trouver choquante », l'essentiel étant bien « de révéler au plus large public ce trésor patrimonial français qui est, à la fois, un précieux témoignage sur la vie de cour ».