Adaptation du Dôme de King "Si Tonton Steve est heureux, je le suis"

- 20.06.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - série télévisée - Fantastique - Stephen King


Le 24 juin,  CBS lance la diffusion d'Under the Dome, adaptation en série télévisée  du roman éponyme de Stephen King. L'histoire sent bon les récits post 11 septembre un brin isolationniste. On y découvre l'irruption d'un champ magnétique autour d'un village qui coupe tout contact avec l'extérieur.  S'en suit l'émergence de luttes pour contrôler la communauté isolée du reste du monde. La ressemblance avec Lost n'est pas fortuite puisque l'un des co-producteurs exécutifs, Brian K. Vaughan, a fait ses classes sur la série d'Abrams, entre deux scénarios de comics.

 

 

 

 

Vaughan confie dans un entretien au magazine Rolling Stone ses premiers doutes et son réel enthousiasme sur la série produite par Spielberg (Dreamworks) et King lui-même. Un premier pari est pris avec l'intérêt de la chaîne CBS pour le projet. Peu avare en séries policières (Les Experts) ou sitcoms (How I Met Your Mother), le média n'a pas la réputation de création de séries aussi originales que peuvent représenter les chaînes payantes HBO, Showtime ou AMC dans un autre genre. Et certainement des moyens et un cahier des charges plus restreint. Mais déjà une belle liberté.

 

« J'avais entendu que Dreamworks avait les droits dessus, et je me suis dit… D'ordinaire, je ne suis pas intéressé par des adaptations strictes. Ca n'a pas l'air amusant », explique le scénariste connu pour ses romans graphiques originaux (voir notre portrait), y compris dans l'univers Marvel. S'en tenir aux matériaux originels, certes, mais la boîte de production de Spielberg a tôt fait de le rassurer. « Mais Dreaworks m'a dit : Nous voulons utiliser le roman comme une rampe de lancement pour une probable série en cours », explique-t-il.

 

 

Suivre le modèle Trône de Fer et The Walking Dead

 

 

Rester fidèle à l'univers du livre mais « se laisser faire quelque chose de neuf ». Des paris qui ont clairement payé sur les adaptations du Trône de Fer et The Walking Dead. Dans les deux cas, les auteurs participent aux adaptations tout en laissant une certaine liberté aux scénaristes par rapport à l'intrigue originale. La démarche particulièrement notable pour la série de zombies qui se détache très vite du récit original. CBS emboîterait ainsi le pas à HBO et AMC dans le développement de séries au long cours. Des scénarios très fidèles à la source pour mieux ramifier les intrigues et franchir le passage des saisons.

  

Le scénariste explique qu'en atteignant la page 1000 de son récit, King s'aperçoit que l'action n'a couvert que quelques jours. Il décidera d'en rester à cette narration dense sur un temps réduit. Grand prince, l'auteur d'épouvante donne son aval à ce que la série aille plus loin dans la durée des évènements et permette d'explorer d'autres lieux. Vaughan ne se fera pas prier et a déjà ajouté sa patte à l'univers du maître de l'horreur. Ainsi, dans la série à venir, le dôme coupe toute tentative de communication avec l'extérieur. Séparés par la barrière surnaturelle, les individus enfermés deviennent totalement isolés... De quoi rajouter une nouvelle tension dramatique.

 

 

Vache coupée en deux, la PETA irritée ?

 

 

Mais également des challenges plus sanguinolents que l'équipe a souhaité relever. Prévue pour être une scène emblématique de la série, l'apparition du dôme coupe en deux une vache avec ce qu'il faut de détails sanglants. « Je m'attends à une avalanche de lettres furieuses de PETA [association américaine de protection animalière], mais aucune vache n'a été réellement maltraitée, cela va sans dire », indique Vaughan. À l'origine, King relatait dans son livre le découpage net d'une marmotte, bien moins spectaculaire une fois portée à l'écran. Le scénariste y a bien mis sa patte.