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Agatha Christie se serait inspirée d'un auteur norvégien pour le meurtre de Roger Ackroyd

Gariépy Raphaël - 18.05.2020

Culture, Arts et Lettres - - Roman policier mystère - Agatha Christie inspiration - traduction Norvège


Le meurtre de Roger Ackroyd n'a pas fini de surprendre ses lecteurs :  Lucy Moffatt, une traductrice britannique résidant en Norvège, pense avoir trouvé une source d'inspiration probable au fameux twist final du roman. Il s'agirait d'un classique de la littérature policière, Jernvogen, de l'auteur norvégien Stein Riverton.

The Alphabet Murders
rauter25 CC BY 2.0


Avis aux lecteurs qui n'ont pas eu l'occasion de lire l'un de ces deux romans : passez votre chemin. La divulgation du mystère policier, nécessaire à cet article, risque de vous priver d'une bonne lecture. 

Au fin fond de la campagne britannique, Roger Ackroyd est retrouvé mort, assassiné dans son bureau. Le détective belge Hercule Poirot, qui se trouve - c'est bien pratique - justement sur les lieux du crime, va mener l'enquête. Il est accompagné de son voisin, le docteur Sheppard, qui sera notre narrateur. Les pistes s'accumulent mais l'élucidation du mystère ne semble jamais à portée du lecteur. On apprendra finalement, dans les dernières pages de l'ouvrage, que le meurtrier n'est autre que le docteur Sheppard, qui nous faisait la grâce de nous conter toute l'histoire. 
 
Ce tour de force narratif a suscité un nombre important de critiques, mais a également rendu la romancière britanique mondialement célèbre. Agatha Christie a su manipuler son lectorat avec virtuosité pour le mettre sans cesse sur la mauvaise voie. Mais un autre fil se rajoute aujourd'hui à l'enquête, et de nouvelles preuves suggèrent que Christie aurait pu reprendre l'idée de Stein Riverton, auteur norvégien reconnu. Le dispositif littéraire que partagent ces deux oeuvres est en effet identique : dans les deux cas, le narrateur lui-même s'avère être le meurtrier.
 

Une sombre histoire de traduction 


Jusqu'à présent, les similitudes entre les deux intrigues semblaient être le fruit d'un pur hasard, le livre de Riverton n'étant sorti en Grande-Bretagne qu'après la publication du Meurtre de Roger Ackroyd. Jernvogen n'est en effet paru en anglais qu'en 2005, et tous les biographes s'accordent à dire que, malgré son génie reconnu, Agatha Christie avait la faiblesse de ne pas savoir lire le Norvégien. 

L'affaire aurait pu être close, et l'on aurait pu ranger les tableaux de liège, les fils rouges et les photos en noir et blanc, si la traductrice Lucy Moffatt ne s'était pas souvenue d'une référence en ligne, mentionnant une publication de l'histoire de Riverton, dans un magazine britannique de l'époque : Tip Top Stories of Adventure and Mystery. Moffat est parvenue à retrouver un exemplaire à la British Library et a déclaré :  « Mon contact là-bas, Brian Sherwood, a pu me dire que l'édition d'avril 1924 de Tip Top Stories contenait une traduction de l'histoire. »
 

Coïncidences ? 


Pour la traductrice (et enquêtrice amateur) il existe désormais une chaîne de probabilités claires reliant Agatha Christie à Jernvogen :  « les dates concordent, et elle a publié une nouvelle sous le nom de Mary Westmacott dans le Sovereign Magazine - acheteur de Tip Top stories - en janvier 1926. »
 
 
James Prichard, arrière-petit-fils de l'écrivaine, trouve « condescendantes » ces affirmations selon lesquelles son arrière-grand-mère aurait eu besoin d'hommes pour lui proposer des intrigues. « Ce n'est pas l'idée qui fait un bon livre, mais l'exécution. Il est possible qu’elle l'ait lu, car elle lisait beaucoup, mais il est également possible qu’elle ne l’ait pas fait » a-t-il déclaré.
Il existe déjà deux sources d'inspiration reconnues pour Le meurtre de Roger Ackroyd. Dans une lettre, l'écrivaine britanique remerciait Lord Mountbatten d'avoir suggéré qu'elle fasse du conteur du récit le coupable dans son prochain livre ; et dans ce même document, elle précisait que son beau-frère, James, avait lui aussi pensé à la même astuce de narration. 

Comme souvent en ce qui concerne Agatha Christie, le mystère reste entier, à moins que l'autrice ne nous en donne la clé elle même...


Via The Guardian 


Commentaires
Il n'existe pas d'histoire qui n'a déjà été inventé ou raconté. L'écrivain pompe et repompe sans cesse des histoires qui ont déjà été écrite des centaines de fois.

Son génie s'appuie sur la manière dont il la raconte. C'est tout.
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