Alejandro Gonzalez Iñárritu : Les films de super-héros, 'génocide culturel'

Antoine Oury - 07.11.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Alejandro Gonzalez Iñárritu - Birdman film super-héros - Michael Keaton Hollywood


Alejandro Gonzalez Iñárritu, réalisateur d'un film de super-héros : l'annonce avait de quoi surprendre, et le résultat n'est évidemment pas ce à quoi l'on pouvait s'attendre. Birdman a pour personnage principal un homme qui a pu être doué de super-pouvoirs, certes, mais dans un cadre purement cinématographique, le tout servant de prétexte à une comédie dramatique de premier ordre.

 


Michael Keaton et son alter ego, Birdman

 

 

Dans une interview donnée à Deadline, le réalisateur mexicain n'emprunte pas de détour : il n'aime pas les films de super-héros servis à la louche par Hollywood, et le fait savoir. « Parfois, je sais les apprécier, parce qu'ils sont basiques, simples, et se marient bien avec du pop-corn », explique le réalisateur. « Le problème, c'est qu'ils prétendent parfois être profonds, avec des références à une sorte de mythologie grecque. Et ils sont franchement très à droite. »

 

Le prochain film du réalisateur, Birdman, en salles le 25 février prochain, est une satire bienvenue de l'industrie cinématographique qui a pu émerger, dès les années 60, d'ailleurs, autour des super-héros. Des figures aimées du public, constamment présentées comme symboles de la justice et de l'intégrité, qui garantissent presque à coup sûr un succès.

 

« Pour moi, ils restent des individus qui tuent des gens parce qu'ils ne pensent pas comme eux, ou parce qu'ils ne sont pas ce qu'ils voudraient qu'ils soient », poursuit Iñárritu. « Ces personnages se sont transformés en poison, en génocide culturel, parce que les spectateurs sont tellement pris par ces intrigues, ces explosions, que cela ne dit plus rien de l'expérience humaine. »

 

L'industrie hollywoodienne serait devenue totalement folle avec ces films à grands budgets et à gros box-offices, une tendance qui inquiète le réalisateur pour la survie d'une certaine idée du cinéma. « Je comprends que l'on puisse être obsédé par les super-héros à 7 ans, mais je pense que refuser de grandir est une véritable maladie », souligne-t-il.

 

Birdman s'amuse de cette tendance de l'industrie, en mettant en scène un acteur sur le retour, poursuivi par son ancienne incarnation de Birdman, un super-héros fictif, mélange d'une parodie britannique de Batman parue dans les années 1970, et de personnages Marvel portant le même surnom. Pour incarner l'acteur dépressif, Alejandro Gonzalez Iñárritu s'est amusé à convoquer Michael Keaton, l'acteur de Batman et Batman, le défi, qui avait ensuite préféré s'éloigner de la franchise, en perdition.

 

La parodie va très loin, puisque la société de production Fox Searchlight a dévoilé un faux trailer de Birdman Returns, équivalent parodique de Batman Returns, titre original de Batman, le défi, avec le kitsch des épisodes suivants en plus...

 

 

 

 

L'original :