Ange et Démon, suite du Da Vinci Code : manne touristique ou desastre pour Rome ?

Clément Solym - 25.06.2008

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Ange - démons - Rome


Depuis le Da Vinci Code, on constate dans les lieux décrits par Dan Brown une affluence de touriste inédite autour des monuments en Écosse, en France et ailleurs. Tout est sujet à curiosité. Et le prochain film Anges et démons, qui se tourne à Rome, contre la volonté de l'Église, pourrait avoir la même influence sur les touristes. Du moins, est-ce que l'on espère à Rome.

Le tourisme américain de retour ?

Patrizia Prestipino, directrice du tourisme de la ville, estime que le tourisme américain à Rome pourrait remonter grâce au film. La diminution de fréquentation, du fait de la force de l'euro, avait déjà contraint certains restaurateurs à des solutions amusantes, et littéraires. « Pour nous, c'est comme de la publicité gratuite » ajoute-t-elle. Mais pour l'église, ça poserait plutôt problème.

« Nous donnons l'autorisation à des productions qui sont compatibles avec notre sentiment religieux », expliquait en effet Marco Fibbi, porte-parole du diocèse. Et nous apprenions que deux églises étaient en effet impossibles d'accès pour la production du film. Mais on explique aussi au Vatican que personne ne reçoit d'autorisation de filmer à l'intérieur des murs. « On n'a même pas fait exception pour une mini série sur la vie du Pape Jean-Paul II », précise le Père Fibbi.

Le tournage qui a débuté le 4 juin est farouchement gardé au secret, Sony Pictures refusant toute demande d'interview.

Un publicité qui retombe vite

Cependant, tout le monde ne se réjouit pas de cette publicité à venir. Pour le révérend Antonio Truda, curé de Santa Maria de Popolo, décorée par Raphaël et Gian Lorenzo Bernini, on ne visitera pas son église « simplement en raison du film ». Cette dernière accueille 2.500 visiteurs par an. Si pour certains monuments on a connu une hausse de la fréquentation notable, ce ne fut qu'un effet de mode, puisque les chiffres auraient tendance à retomber.

Contrairement semble-t-il à l'Écosse, où la chapelle, à proximité du Loch Ness, est devenue une attraction touristique de premier ordre. Rosslyn est ainsi passé au rang de monument majeur « et quand les gens mentionnent cette église, c'est avec le Da Vinci Code en arrière-pensée », précise son directeur.