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Angélique, marquise des anges, renoue avec les complots du XVIIe siècle

Julien Helmlinger - 19.12.2013

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Angélique marquise des anges - Ariel Zeitoun - Gérard Lanvin


Cinquante ans après le premier film Angélique, Marquise des anges, adapté de l'oeuvre d'Anne Golon par Bernard Borderie, la série fait son retour sous la houlette du cinéaste Ariel Zeitoun. La belle et rebelle fille de baron Sancé de Monteloup reprend désormais son destin en main dans une version que l'on nous promet à la fois plus moderne et noire, mais aussi plus proche du roman original. Pour succéder à Michèle Mercier et Robert Hossein, Nora Arnezeder incarne le rôle d'Angélique et Gérard Lanvin celui de Joffrey de Peyrac.

 

 

 

L'auteure Anne Golon, âgée de 92 ans et visiblement emballée par le projet, confie  : « Le cinéma exprime une grande méfiance envers les écrivains. Il est vrai que Bernard Borderie et moi - ou plutôt ses scénaristes et moi -, ne nous sommes pas entendus. Ils voyaient Angélique comme une petite putain qui veut se farcir tous les hommes. Il y a vraiment eu rupture entre nous et j'ai compris, dès ce moment, que le film ne serait pas fidèle aux livres. Je n'ai évidemment pas assisté à la première... »

 

Elle estime que si la série produite entre 1964 et 1968 était destinée à un large public, sans livrer une image très intelligente de la femme, la nouvelle mouture en revanche, qui sort en France comme en Belgique la semaine prochaine, devrait être « beaucoup plus intéressante » et surtout plus fidèle à son héroïne. Dans les notes de production elle aurait précisé : « J'ai senti qu'Ariel Zeitoun n'éprouvait aucune misogynie à l'égard d'Angélique. Maintenant, je peux mourir parce que j'ai vu mes deux héros incarnés comme je les ai toujours imaginés ! »

 

Le destin de la donzelle insoumise, aristocrate du XVIIe siècle, reste bien entendu au centre de l'aventure où il lui faudra combattre l'injustice et la soumission, faire face aux luttes de pouvoir. L'adaptation par Ariel Zeitoun se voudraitt ambitieuse, sa réalisation soignée et ses décors spectaculaires. Si les prestations du nouveau duo d'acteurs seraient concluantes, avec dans le rôle titre l'actrice révélée dans le Faubourg 36 de Christophe Barratier, elles ne suffiraient néanmoins pas à faire oublier celles des années 1960.

 

Interrogé par l'AFP, Gérard Lanvin explique : « On n'est pas sur le même mode. Il y a moins de naïveté dans les personnages, plus de noirceur et de vérité. Il n'y a rien à enlever à Robert Hossein qui restera le Peyrac idéal, le fantasme absolu de toutes les femmes. En aucun cas, je cherche à être un fantasme. La comparaison est inévitable, mais nous livrons une nouvelle adaptation d'un roman absolument magnifique sur une histoire d'amour extrême et romanesque. »

 

Sa partenaire à l'écran, Nora Arnezeder, s'est dite ravie d'incarner « cette héroïne magnifique avec plein de choses à défendre. Angélique est une jeune femme révoltée, en quête de liberté, mariée de force. Elle va finalement tomber amoureuse de Peyrac car il accepte son envie de liberté. C'est une belle histoire d'amour, basée sur le respect ».

 

L'écrivaine Anne Golon, désormais domiciliée à Versailles, sera présente lors de la présentation du film, ce 20 décembre, au cinéma Le Cyrano. La production s'attend probablement à un succès au box-office, tandis que la première série avait connu son triomphe international.