Angoulême : Antonin Baudry compose un jury « relevé, exigeant et éclairé »

Antoine Oury - 01.12.2015

Culture, Arts et Lettres - Salons - Antonin Baudry Abel Lanzac - Festival d'Angoulême - jury FIBD bande dessinée


Pour sa 43e édition, le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême a souhaité que ce soit un acteur de la bande dessinée qui préside aux délibérations du Grand Jury, qui décerne chaque année les fameux Fauves, les récompenses du FIBD. Ce dernier a confié à Antonin Baudry, lauréat avec Christophe Blain du Fauve d’Or 2013 pour Quai d’Orsay sous le pseudonyme d’Abel Lanzac, le soin de composer un jury « relevé, exigeant et éclairé », d'après le communiqué du Festival.

 

Antonin Baudry

 

 

Le jury est composé de 7 personnalités venues du monde de la création, de la librairie ou des médias. En guise de présentations, chaque juré a tenu à présenter son rapport au 9e Art, en attendant leur sélection...

 

Antonin Baudry, auteur, Fauve d’Or 2013, président du Grand Jury 

 

« Depuis aussi longtemps que je me souvienne, les bandes dessinées sont présentes dans mes rêves — mon père et moi passions notre temps à en lire et le Festival d’Angoulême, pour nous, c’était la Mecque, on espérait y aller ensemble un jour. C’est aussi un événement très important pour l’écosystème de la bande dessinée, qui réunit des gens passionnants, créatifs et indépendants. Aujourd’hui, je suis heureux de pouvoir y apporter ma pierre. » 

 

Laurent Binet, écrivain, prix Interallié 2015 

 

« Quand est sorti HHhH en 2010, on m’a beaucoup demandé quelles avaient été mes influences et je ne laissais pas de citer divers romans et écrivains, jusqu’à ce que je me rende compte que l’influence principale, évidente, souterraine et inconsciente, était Maus d’Art Spiegelman. Petit, ce sont les comics Marvel qui m’avaient aidé à me forger une sensibilité et, je dirais même, un sens des valeurs. Depuis, j’ai vu fleurir dans la production française et étrangère des BD et des romans graphiques toujours plus subtils, élaborés, brillants, intelligents et beaux. » 

 

Nicole Brenez, professeure en études cinématographiques et programmatrice à la Cinémathèque française 

 

« Le livre qui sans doute m’a fait le plus rêver, enfant, est une bande dessinée dont chaque page se dépliait en 3 dimensions : il assurait que, aussitôt refermé par le lecteur, ses personnages se mettraient à bouger. Cet album m’a introduit aux mystères du hors-champ, du hors-vue, des projections et des greffes fantasmatiques — donc, il m’a offert aussi bien des clés pour aborder le cinéma. » 

 

Philippe Collin, journaliste France Inter et Arte 

 

« Je trouve toujours le temps de lire des bandes dessinées et d’en défendre le bien fondé autant qu’il m’est possible. La bande dessinée est un art populaire. Profondément populaire. Populaire au sens premier. C’est-à-dire un art généreux, ludique et polyphonique. » 

 

Véronique Giuge, libraire de la librairie Album à Paris 

 

« Libraire spécialisée en bande dessinée depuis près de 15 ans, je suis tombée dedans quand j’étais petite! Bercée par ses grands classiques enfant, j’ai découvert, plus grande, toutes les facettes du 9e art. Ce sont ses richesses que je fais découvrir à mes clients sur des conseils avisés. » 

 

Hamé, réalisateur et membre du groupe de rap La Rumeur 

 

« Dévorer des bandes dessinées fut probablement une de mes principales activités entre 8 et 15 ans. De Lagaffe à Strange, de Pif à Margerin, d’Enki Bilal à Tardi, ou plus tard, avec la renaissance de la franchise X-Men par Joe Quesada, la bande dessinée m’a toujours réservé des rendez-vous magiques avec des héros sans pères ou des pieds nickelés, des hères assoiffés d’idéal, des Don Quichotte de banlieue ou des êtres hybrides détenteurs de secrets démoniaques. Une fabuleuse promesse de réveiller une part d’enfance. » 

 

Matt Madden, auteur (99 exercices de style...)

 

« En tant qu’auteur américain, j’aurai un point de vue unique, une perspective non seulement américaine, mais internationale. Les prix sont une opportunité de mise en valeur d’œuvres riches et différentes. Le double défi auquel je suis sensible, en faisant partie de ce jury, est de défendre sa propre idée de la bande dessinée avec la considération sans préjugés d’œuvres aux perspectives ou approches très différentes. »