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Angoulême, la Renaissance : l'ADBDA est l'outil pour relever les défis du festival

Nicolas Gary - 28.02.2017

Culture, Arts et Lettres - Salons - FIBD Angoulême manifestation - Audrey Azoulay association - festival Angoulême BD


L’année passée, le groupe Angoulême la renaissance voyait le jour. Réunissant d’anciens Grands Prix de la manifestation, il appelait de ses vœux une nouvelle gouvernance, pour sortir le Festival international de la BD du marasme où les organisateurs l’avaient plongé.

 

UN SAMEDI A MALAKOFF

patrick janicek, CC BY SA 2.0

 

 

Un message du groupe vient aujourd’hui saluer l’intervention du ministère de la Culture, et la création d’une association chargée de chapeauter l’événement. Des spécialistes de la BD, des auteurs, tous avaient au moins en commun de se désoler d’avoir assisté à ce qui s’était passé en janvier 2016.

 

Force de proposition – dont certaines ont été reprises par ailleurs – le groupe souhaite désormais qu’il puisse y avoir un véritable appel à projets, et une mise en concurrence, pour l’organisation du FIBD.

 

L'indépendance éditoriale du festival menacée ?

 

Il est intéressant de noter que le 23 février dernier, un communiqué fut dégainé par l’association du FIBD – qui se déclare peut-être un peu hâtivement créatrice de la manifestation – et 9e Art +, société organisatrice. Les deux partenaires dénoncent en effet la constitution d’une association supérieure, « prétendant à la gouvernance de l’événement sur la base de statuts qui portent directement atteinte aux droits de l’Association du FIBD et de 9eArt+, et à la relation contractuelle qui les unit ».

 

Selon les partenaires, cette nouvelle structure « n’offre pas les conditions à même de garantir l’indépendance éditoriale » du festival. « En attestent la vocation qu’elle se donne, le contenu de ses statuts et la composition même du collège de ses membres (l’ambiguïté existant jusque dans sa dénomination même). »

 

Et de placer la réussite de l’événement, de même que son rayonnement, sur la seule base de « l’indépendance, aussi bien vis-à-vis du champ politique que du secteur marchand ».

 

“La menace de boycott par certains éditeurs sur Angoulême était réelle” (Audrey Azoulay) 

 

Pour le groupe Angoulême, la renaissance, il conviendrait plutôt de rappeler que l’organisation dépend des professionnels autant que des collectivités qui participent largement au financement – de même que les sponsors. Mais soit, ce dossier est encore loin d’être bouclé. Et la modification des statuts réclamées par les deux partenaires, encore loin d'avoir abouti.

 

Voici le message diffusé ce jour par le groupe.

 

« Angoulême, la renaissance » 

 

En juin 2016, le groupe « Angoulême, la Renaissance », composé de professionnels de l’événementiel culturel, d’auteurs anciens grand-prix de la Ville d’Angoulême et de spécialistes de la bande dessinée, avait constitué un ensemble de propositions pour une nouvelle gouvernance du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Par la suite nous avions préféré nous abstenir de toute déclaration publique afin de ne pas perturber l’organisation du Festival 2017. Préserver la manifestation étant notre priorité. 

 

Aujourd’hui nous tenons à saluer d’une part la création de l’ADBDA (Association pour le Développement de la Bande Dessinée d’Angoulême) et d’autre part ce festival 2017 qui, s’il n’a été celui de la renaissance, a permis de faire oublier les fautes du précédent. Cette édition a notamment mis en œuvre certaines de nos propositions telles la promotion d’un directeur artistique fédérateur au sein de la profession, la création d’un espace dédié aux auteurs (nous avions évoqué un « Magic Mirrors »), un partenaire média enfin investi dans l’actualité du festival, l’ouverture de relations entre Angoulême et Bruxelles ainsi que l’annonce d’un projet manga. 

 

Un nouvel élan est insufflé, reste encore beaucoup à accomplir pour une programmation plus riche, plus ouverte à tous les champs de la bande dessinée, plus internationale, tout en resserrant les liens entre le festival et la ville, son environnement, ses habitants, ses commerçants, ses structures associatives... L’ADBDA est l’outil pour relever ce défi. Nous souhaitons d’ailleurs le meilleur à Bruno Racine dans sa fonction de présidence. Aujourd’hui l’appareil structurel est créé, c’est un outil de consensus qui va pérenniser le festival. Mais au-delà, nous espérons que chacun aura à cœur de travailler à l’enrichissement du contenu du Festival qui a largement besoin de se redéployer. 

 

Il nous paraît aujourd’hui indispensable de lancer un appel à projets, à partir d’un cahier des charges établi par l’ADBDA, afin que les meilleures propositions puissent émerger en toute transparence et en toute légitimité pour que le Festival d’Angoulême continue à porter haut et fort le secteur de la bande dessinée sous toutes ses formes, toutes ses composantes et reprenne sa place d’étendard de la profession. 

 

 

Signataires :


François Boucq, auteur, Grand prix de la ville d’Angoulême
Florence Cestac, auteure, Grand prix de la ville d’Angoulême
André Juillard, auteur, Grand prix de la ville d’Angoulême
Régis Loisel, auteur, Grand prix de la ville d’Angoulême
Patrick Mardikian, producteur d’événements culturels, cofondateur du Festival du Film francophone d’Angoulême Frank Margerin, auteur, Grand prix de la ville d’Angoulême
Laurent Mélikian, spécialiste de la bande dessinée
Didier Quella-Guillot, enseignant, scénariste, spécialiste de la bande dessinée
François Schuiten, auteur, architecte, Grand prix de la ville d’Angoulême
Philippe Touboul, spécialiste des comics, traducteur et ancien libraire
Martin Veyron, auteur, Grand prix de la ville d’Angoulême