Angoulême : le budget du FIBD amputé de 40k€, immédiatement compensés

Cécile Mazin - 15.12.2015

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Les organisateurs étaient avertis : la mairie d’Angoulême allait diminuer les montants alloués au Festival de la BD, de 10 à 50 %. En cause, les coupes budgétaires que la municipalité devait opérer un peu partout. Mi-octobre, le ton était donné, et c’est à la veille de la grande présentation du Festival 2016, que le couperet est tombé. Assez loin de la tête, en réalité.

 

Xavier Bonnefont, maire Les Républicains d'Angoulême

 

 

Sur les 542.000 € apportés annuellement par la mairie, le FIBD ne disposera que de 500.000 € finalement. Loin des 10 %, seuil minimum envisagé, on est en réalité à 7,5 % de baisse de budget. Et de toute manière, pas un mot durant la conférence de presse de ce 15 décembre, sur la question des financements.

 

Les subsides publics ne sont pas un dû, expliquait-on à la mairie, alors que la polémique battait son plein. En effet, les organisateurs du FIBD avaient tablé sur un financement pérenne et acquis, mais les plans ne bougeront donc pas.

 

Le maire, Xavier Bonnefont, avait pourtant prévenu : contester la décision de la ville que de diminuer les budgets, décision appliquée à tous, « revient à considérer que les financeurs publics ne sont plus des partenaires, mais bien “des vaches à lait ».

 

Et pourtant, les 40.000 € disparus du budget ne manqueront même pas. En effet, une aide de l’État est apparue pour que 9e Art+, la société aux commandes, ne soit pas pénalisée dans l’organisation de la manifestation. En effet, « le préfet a pu débloquer une aide de l’État de l’ordre 40.000 euros », a assuré le maire. Qui n'a pas manqué d'ailleurs d'insister sur le fait que Franck Bondoux avait obtenu de la préfecture cette compensation. (via Charente libre)

 

Une diminution pour 2016, compensée par l’État, donc, qui fut également discutée au cours du conseil municipal. « Le comité des financeurs a pleinement joué son rôle de stabilisateur du volume des financements publics », poursuivait le maire. (via Sud Ouest

 

Et si, dans les rangs socialistes, on prêche en faveur de la dénonciation de contrat, il faut reconnaître que ces relations entre une association et un opérateur privé ne laissent que peu de place à l’interventionnisme de la collectivité. « Sur la convention décennale, c’est une relation de privé à privé, on peut souhaiter la dénonciation du contrat. Cette dénonciation est contestée par 9eArt+. Il n’y a pas de volonté de se traduire en contentieux avec 9eArt+. On n’a pas de prise juridique »

 

Mais le maire ne s’en laisse pas raconter : le FIBD est d’une importance fondamentale pour la ville. Pas ses organisateurs, et « il est bien de rappeler que les collectivités ne sont pas uniquement des tiroirs-caisses ». Ou encore : « Le festival de la BD ne doit pas être que des bulles et des bâtiments mis à disposition. Le festival doit revenir sur l’espace public et renouer avec son caractère festif. » 

 

Paradoxalement, l’actuel grand patron de 9e Art+ avait originellement été intégré pour trouver des financements privés au Festival – chose qui fait rire jaune les observateurs, considérant « son attachement aux financements publics depuis quelques années ». 

 

Et dans le même temps, le bras de fer entre le Maire et l’organisation n’est pas fini : « Nous attendons des réponses, sur la fréquentation du festival par exemple. Nous avons envoyé des courriers recommandés depuis longtemps, sur la question des marques. À ce jour, nous n’avons aucune réponse », assurait-il.