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Après le Liban, Wonder Woman suspendu en Algérie et en Tunisie

Laurène Bertelle - 07.06.2017

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - wonder woman interdit - gal gadot israelienne - wonder woman tunisie


Après le Liban, c'est en Algérie et en Tunisie que Wonder Woman a été suspendu, et est menacé d'être complètement interdit. Toujours en cause, parfois de manière implicite, la nationalité israélienne que défend ouvertement l'actrice prinicipale, Gal Gadot, et qui n'est pas au goût de tous. 




Si Wonder Woman semble conquérir le public occidental, le film a cependant beaucoup de mal à se faire une place dans d’autres pays, notamment dans les territoires arabes. La semaine dernière, le film de Patty Jenkins avait déjà été interdit au Liban, en raison de la nationalité israélienne de son actrice principale, Gal Gadot. L’actrice avait entre autres défendu l’armée d’Israël en 2014, dont elle avait d’ailleurs été membre dans le passé, dans le conflit contre l’enclave palestinienne de Gaza, perpétuant le climat de tension entre les pays concernés. 

 

C’est maintenant à l’Algérie et à la Tunisie de prendre exemple sur leur voisin, en boycottant plus ou moins explicitement le film. À Alger, la projection prévue le 8 juin a finalement été annulée, après avoir suscité de vives réactions désapprobatrices sur les réseaux sociaux. Toutefois, les organisateurs de la projection avaient assuré à l’AFP que les raisons de l’annulation étaient dues à un problème de droits d’exploitation, et en aucun cas à la nationalité de l’actrice principale.
 


L’AFP annonce maintenant que la justice de Tunisie a à son tour « suspendu » la projection de Wonder Woman en salles, « le temps d’examiner une demande d’interdiction par un parti politique », aurait affirmé le parquet. Et ce parti, c’est le parti nationaliste Al-Chaab, qui s’est d’ailleurs félicité de cette suspension dans un communiqué : « Il faut poursuivre la mobilisation sur ce type d’affaire, comme sur tout ce qui touche à la normalisation avec l’entité sioniste ».
 

Pour le distributeur tunisien Lassaad Goubantini, cette décision ressemble à s’y méprendre à de la censure, et pourrait être le début d’autres abus : « C’est une décision qui se base sur des accusations bidon. (...) Aujourd’hui, ils empêchent un film à cause d’une actrice, demain ils inventeront une autre excuse, c’est une atteinte aux libertés. »