Arte consacrée grâce à Delphine de Vigan et Irène Nemirowksy

Cécile Mazin - 09.02.2015

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - chaîne Arte - Delphine de Vigan - récompense télévision


A l'occasion du Festival des créations télévisuelles de Luchon, la chaîne Arte a été primée à plusieurs reprises, notamment pour des adaptations de romans. Il s'agit des Heures souterraines de Delphine de Vigan, et Deux, d'Irène Nemirovsky, tous deux adaptés par la chaîne franco-allemande. 

 

 

 

Les Heures souterraines, fiction de Philippe Harel, d'après le livre publié chez Lattès, a reçu le prix du meilleur unitaire, ainsi que celui de la meilleure interprétation féminine, attribuée à Marie-Sophie Ferdane. La diffusion interviendra en 2015

 

Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.

Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur. 

 

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L'ouvrage d'Irène Nemirovsky, Deux, originellement publié chez Albin Michel, et réalisé par Anne Villacèque s'est vu attribuer le prix de la meilleure photographie, qui revient à Pierre Milon. 

 

Quand elle rencontre Antoine Carmontel après la Première guerre mondiale, Marianne a 20 ans et le seul désir de s'amuser. Fille d'un peintre connu et d'une riche héritière, avec ses trois sœurs la vie n'est qu'une suite de bals, de sorties en toute liberté. Puis Marianne s'attache à Antoine, qui n'a envie que d'insouciance et de conquêtes faciles. Ils sont amants, l'issue est donc le mariage. Elle l'aime, il ne l'aime pas, qu'importe. 

Il investit son héritage dans une usine à papier, se prend au jeu du travail, devient l'amant d'Evelyne, la sœur cadette de Marianne qui, elle, se réfugie dans la maternité, et prend pour amant l'ancien ami d'Antoine. Au fil des ans la force des habitudes, du paraître et de la sécurité mutuelle les entraîne vers une forme de complicité qui est plus que toute passion le ciment du lien conjugal.

Deux, comme le titre l'indique, est une anatomie du mariage, lucide, ironique et cruelle, qui débute comme un roman de Fitzgerald, même légèreté cynique que dans Gatsby, qui se poursuit comme dans un roman d'Aragon, même désir des hommes qui ont connu la guerre de liaisons multiples, même issue pour les femmes que de faire un bon mariage qu'on etrouve dans Aurélien.

 

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