Le visage restera éternel : la fille d'une baronne hollandaise et d'un banquier d'origine irlandaise, Edda Kathleen Ruston, naquit en Belgique, à Ixelles, le 4 mai 1929. Elle qui souhaitait faire une carrière de danseuse, décidera finalement, dans les années 40, de rejoindre la grande famille du cinéma. Elle sera alors connue, reconnue et acclamée, sous le nom d'Audrey Hepburn… Et en cette journée, Google lui rend un délicat hommage, tout de rose et de noir.

 

 

 

C'est une piquante brunette aux cheveux courts, visage tantôt angélique, tantôt mutin, et que le monde du livre connaît tout particulièrement pour ses brillantes interprétations dans des adaptations non moins célèbres. À plusieurs reprises, Audrey fit des apparitions très remarquées, que de soit My Fair Lady, en 1964, inspiré de la pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion, parue en 1914, ou encore dans le Guerre et Paix, tout droit puisé chez Tolstoï, et sorti sur les écrans en 1956. 

 

Mais c'est certainement dans Breakfast at Tiffany, inspiré du livre de Truman Capote, et sorti en 1961, qu'Audrey prit son essor, diaboliquement séduisante, et volant la vedette à tous les autres acteurs. Avec ce film, Diamants sur canapé dans la version française, elle fut nominée pour un Oscar, pour son interprétation de Holly Golightly. 

Holly Golightly adore traîner chez Tiffany, parce que tout y est beau. Holly au pas léger, gracile comme un songe, comme une Audrey Hepburn moulée dans une robe noire devenue légendaire, traverse l'existence tel un chat qui, n'ayant pas de nom, s'en invente un. De son passé de Lulamae, il lui reste pourtant quelque chose de plus profond que la frivolité qu'elle affiche avec impertinence, une absence de lest qui conduit à une existence de courants d'air. Jusqu'au jour où, des années après la disparition de la gosse, une photo vient raviver le souvenir de sa voix rauque et de sa silhouette de vent dans la mémoire du narrateur, qui lui fournira un hommage littéraire en guise de racines. 

Capote avait pourtant exigé que Marilyn Monroe incarnât la sémillante jeune femme, et devait avoir son histoire encore fraîche à l'esprit : le livre avait été publié en 1958. Or, au cours d'une vente aux enchères survenue l'an passé, en avril, on put découvrir que le personnage devait originellement se nommer Connie Gustafson

 

L'histoire de Breakfast devait être originellement publiée dans le magazine Bazaar, mais cette aventure n'aura pas eu lieu. Le caractère choquant pour l'Amérique, d'un roman contenant des séquences portées sur le sexe, mais également écrit avec un langage assez cru, auront eu raison de l'aventure éditoriale.

 

Audrey on Red

williamnyk CC BY 2.0, sur Flickr

 

 

D'autres voix considèrent plutôt que l'éditeur du magazine Bazaar a préféré ne pas choquer Tiffany, qui était l'un de ses annonceurs publicitaires. C'est-à-dire qu'en 1958, le placement de produit n'avait pas encore été inventé, et personne ne pouvait imaginer que situer un ouvrage dans le luxueux magasin en assurerait la promotion. 

 

Ah, époque bénie...

 

Finalement, c'est dans Esquire que le roman fut publié, en 1958, en même temps que la publication du roman en hardcover. Et trois ans plus tard, le film, avec Audrey Hepburn dans le rôle phare, creva les écrans de cinéma.

 

Et comme pour ajouter encore au charme éternel de l'actrice, c'est donc par Hubert de Givenchy que le dessin a été réalisé. Le couturier âgé de 87 ans aujourd'hui avait découvert l'Américaine dans les années 50, à Paris. Il s'st d'ailleurs confié au Figaro.

J'avais 26 ans et j'étais alors jeune couturier à la veille de faire un défilé. On m'avait annoncé la venue d'une actrice hollywoodienne et j'ai donc pensé qu'il s'agissait de Katharine Hepburn. En voyant arriver cette petite jeune fille très mince aux yeux immenses, j'ai d'abord été surpris… presque déçu! À l'époque, Audrey n'était pas encore très connue à Paris. Elle voulait absolument essayer mes robes. J'étais réticent. Mais elle savait être très persuasive: «Laissez-moi en essayer une», me dit-elle. C'était exactement sa taille, comme la pantoufle de vair dans Cendrillon! Ensuite, tout s'est enchaîné très vite.