Aurélie Filippetti, ministre de la Culture des prix littéraires

Clément Solym - 17.11.2012

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Aurélie Filippetti - prix littéraires - rentrée


Christophe Carlier, Pascal Rambert, Mathieu Riboulet ou encore Emmanuelle Pireyre ou Tobie Nathan, et on en passe et on en oublie. Autant d'écrivains qui ont été mis sur le devant de la scène au fil des différents prix littéraires remis durant ce mois de novembre. Et qui ont également fortement compté dans l'agenda de la ministre de la Culture, au même titre que les mammouths et les hommes de Néandertal, sur les rives de la Marne... 

 

 

 

 

« J'adresse mes chaleureuses félicitations », « Je félicite cet auteur talentueux », « Je me réjouis d'avance à l'idée de lire son deuxième roman », « Je félicite tout particulièrement » ou plus récemment, « Je salue le travail inlassable de ce fascinant ermite de la littérature »... A chacun de retrouver l'auteure, ou l'auteur à qui étaient destinés ces petits exercices de congratulations. Pour s'aider, on peut se réfugier sur l'espace des communiqués de presse du Ministère de la Culture.

 

Quel intérêt à découvrir que la rue de Valois diffuse des communiqués de presse ? Oh, pour l'anecdote, mais pour elle simplement, de découvrir par exemple que Joël Dicker vient d'être salué pour avoir reçu le Goncourt des lycéens. Mais que le 25 octobre, quand il reçut le Prix de l'Académie française, les services ministériels sont passés complètement à côté. La belle affaire. Dans une tournure habile, on rectifie le tir, et souligne que le romancier fut « déjà couronné » du prix de l'Académie. Mais soit.

 

Or, si cette récompense passa à l'as, aucune des grandes autres n'a été oubliée : la ministre communique ses félicitations aux écrivains aux différents lauréats et lauréates comme jamais. 

 

La valois n'attend pas le nombre des années

 

C'est que le changement, n'est-ce pas, c'était maintenant. À l'occasion du prix du Livre Inter, en juin dernier, nous avions remarqué l'empressement de la nouvelle locataire de Valois à féliciter Nathalie Léger, qui remportait les palmes interiennes pour Supplément à la vie de Barbara Loden. Avant elle, les traces de félicitations étaient rares : tout juste Christine Albanel avait-elle salué Mathias Enard, pour Zone, lauréat... du livre Inter en 2009, quand Frédéric Mitterrand, son successeur durant la sarkolandie ne s'était pas spécialement foulé sur la question. 

 

Après tout, la ministre écrit elle-même, et l'on pencherait volontiers pour une « solidarité sainte, de l'artisanat », comme le chantait Brassens. Préfacière de plusieurs ouvrages, coauteure avec Xavier Darcos d'un ouvrage sur le système pédagogico-sociétal, L'école forme-t-elle encore des citoyens ?, elle est aussi romancière, avec deux titres publiés chez Stock, Un homme dans la poche, en 2006, (depuis paru en poche, chez Points) et Les derniers jours de la classe ouvrière, paru en 2003.

 

Les mauvaises langues rappelleraient facilement que Nicolas Sarkozy n'était pas un grand lecteur, s'épanchant sur la qualité des Roujon-Macaquart (sic !), bien qu'au cours de son mandat, le Figaro se soit ému que le président a poursuivi « sa lecture des grands classiques de la littérature française », et notamment de Proust. Mais ce serait oublier que Nicolas Sarkozy avait confessé un goût pour les titres de Françoise Sagan, qu'il aimait particulièrement. Rien n'indique cependant que le président soit toutefois allé plus loin que les titres...

 

Mais cela n'est que pure spéculation. Avec Aurélie Filippetti à la rue de Valois, les écrivains ont trouvé un précieux soutien, avec plus ou moins de bonheur. Morceaux choisis :  

Je félicite ainsi tout particulièrement Leslie Kaplan, qui remporte le grand prix pour « Millefeuille » publié par les éditions P.O.L, le dernier-né de son opulente production commencée voici trente ans. Ce vieil Hamlet obsédé par l'idée de séduire et de transmettre est une puissante métaphore de notre aujourd'hui. [Prix Wepler - Fondation la Poste]

Oscar Coop-Phane s'est-il « fait » au fil de ses petits boulots, à Berlin où il est barman depuis un an ? Son Zénith Hôtel, sa Nanou, cette prostituée de trottoir dont il décrit le quotidien, dans la peau de laquelle il sait si bien se glisser, sans recours aux clichés, reflètent déjà son monde romanesque : celui d'un observateur un peu triste, sans illusions, mais tendre aux faiblesses de ses personnages.  [Prix de Flore]

Je salue le travail inlassable de ce fascinant ermite de la littérature, qui de ville en ville, dans un éternel déracinement, trouve l'ozone de son univers brûlant. [Philippe Djian, pour le Prix Interallié]

 

Alors, par honnêteté, il faut remercier tout de même les services ministériels de communication : un petit mot de la ministre accompagne toujours agréablement une dépêche sur laquelle il n'y a pas grand-chose à dire, sinon le titre du livre, le nom de son auteur, son éditeur, au cas où, et le prix qui est associé au tout. Et puis, c'est une brêve facilement publiée, pour donner un peu de volume quand l'actualité vient à manquer. Au ministère, on nous confirme, entre deux couloirs : « C'est normal que la ministre communique. C'est un peu systématique avec les prix littéraires, mais ça participe du jeu de l'édition. Qu'on en fasse un peu trop, après... ce n'est pas nous qui décidons... » 

 

Si tout n'est que jeu, alors...

 

 




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