Auteur à la Foire de Francfort : patience et obstination

Antoine Oury - 10.10.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Foire de Francfort Allemagne - auteur illustrateur - démarchage éditeur


En direct de Francfort : L'intérêt (le seul ?), lorsque l'on réside dans une chambre de 4 lits au sein d'un « hostel » de Francfort, c'est que les rencontres se font facilement. Et, alors que la Foire du Livre, la Buchmesse, a lieu à quelques mètres, de nombreux participants ont élu résidence dans l'établissement. Dont Mesut Aydin, auteur-illustrateur descendu à Francfort pour présenter ses projets, directement aux éditeurs.


Mesut Aydin, dans « notre » chambre, à l'hostel

 

 

Les trois premiers jours de la Foire de Francfort sont « réservés » aux professionnels, et les auteurs savent bien qu'il s'agit du meilleur moment pour présenter leurs productions, directement aux éditeurs. « Je suis déjà venu à la Foire l'année dernière, et il n'est pas difficile de savoir quels éditeurs recherchent de nouveaux auteurs : 15 personnes font la queue, portfolio sous le bras », explique Mesut Aydin, arrivé jeudi en début d'après-midi.

 

L'auteur-illustrateur allemand, qui a suivi des études en la matière à Hambourg entre 2006 et 2009, a préparé son voyage la semaine précédente, en étudiant les différents éditeurs présents : « La sélection n'est pas vraiment compliquée, puisque je recherche des éditeurs allemands de romans graphiques, qui ne sont pas légion », souligne-t-il.

 

L'illustrateur a rassemblé un panorama complet de ses productions, sur de grandes planches, afin de les présenter directement aux éditeurs. « Pendant tout le reste de l'année, le travail de démarchage ne s'arrête jamais, mais les contacts par mail ne sont pas vraiment couronnés de succès : les éditeurs n'ont pas vraiment le temps de répondre à toutes les sollicitations. »

 

L'année précédente, son passage à la Foire n'avait pas été des plus concluants : Mesut Aydin s'était arrêté chez Carlsen, maison d'édition filiale de Bonnier spécialisée dans la jeunesse, la BD, les comics, mais ses dessins n'avaient pas plu. Cette année, les éditeurs de la même maison se sont dits intéressés par la même production retoquée l'année précédente. « Ce qui est appréciable, c'est que les éditeurs sont très francs, mais il est parfois difficile de cerner les critères de sélection, qui varient énormément. Mieux vaut être patient, et obstiné », estime l'auteur.

 

L'auteur a réalisé une adaptation en roman graphique de The Deserter's Tale : The Story of an Ordinary Soldier Who Walked Away from the War in Iraq, les mémoires de Joshua Key, mais n'est pas parvenu à le faire publier, malgré l'intérêt d'un éditeur. Le secteur n'est pas le plus simple, en raison des coûts élevés de production des romans graphiques, mais aussi des canons très arrêtés du genre, façonnés par la production américaine.

 

L'investissement pour un tel voyage est important pour Mesut Aydin, qui gagne sa vie au quotidien avec un autre emploi, mais le retour, en cas de succès, n'a pas de prix...

 

La production de Mesut Aydin peut être retrouvée à cette adresse.