Auteurs et producteurs se croisent au Festival de la fiction TV de La Rochelle

Julien Helmlinger - 12.09.2014

Culture, Arts et Lettres - Salons - Auteurs - Producteurs - La Rochelle


À l'occasion du Festival de la fiction TV de La Rochelle, rapporte l'AFP, un exercice met en relation les producteurs avec des auteurs. Ces derniers ont 5 minutes à peine pour convaincre. Ce jeudi, ils étaient ainsi sept scénaristes à être venus s'exprimer face à une centaine de personnes, dont une majorité de producteurs. Les candidats, tous primés lors de festivals et contactés par la SACD, devaient séduire un des producteurs de l'auditoire avec leurs projets de fiction. Une initiative qui existe depuis une dizaine d'années dans plusieurs festivals. 

 

CC by 2.0 par Till Krech 

 

 

« Ce ne sont pas des comédiens, mais des hommes de l'ombre. Ils ne sont pas habitués à ce genre d'exercice », comme le précise la SACD, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques qui organise l'évènement. Or en ces 5 minutes, ils doivent se présenter, exposer leur parcours, mais surtout convaincre s'ils veulent que leur projet se transforme en série ou téléfilm. Et chaque année des projets se réalisent, confie Valérie-Anne Expert, responsable du service de l'action culturelle à la SACD.


Visiblement il vaut mieux s'entraîner avant de pointer à un tel exercice, car lorsqu'une responsable munie de son sablier aura tend le micro au premier candidat, celui-ci a fait long feu. « Stop, c'est dépassé », lui ont ainsi indiqué les organisateurs avant qu'il n'ait eu le temps de finir. Une série de questions a suivi, notamment, visant à déterminer avec quel personnage, le public doit entrer en empathie.

 

Les scénaristes et leurs plantages de décors se succèdent. Paris en 2015, une Bretagne contemporaine loufoque, un bateau naufragé au XVIIIe siècle, la reporter de l'AFP aura estimé que « le public est convié à un marché aux histoires folles ». Et il semble important de maintenir en haleine voire faire rire, son auditoire. Les responsables n'oubliant pas de préciser que l'on est « dans le cadre d'un pitch, on ne donne pas la fin ». 

 

Gabriele Borile a participé trois fois à ce genre de défi en tant que candidate. Elle précise que « ce n'est pas nécessairement le projet qu'on a défendu ici qui se fait, une productrice m'avait repéré, et elle m'a demandé une adaptation de tout autre chose, c'est devenu un film pour France 3 ». Elle livre son conseil à ceux qui suivront la même voie : « il y a des petites règles à respecter, un nom ou 2, pas plus, et se focaliser sur le personnage, la façon dont il avance dans l'histoire ».

 

Pour la SACD, ce type d'initiatives permet surtout aux pros de se rencontre, d'échanger plutôt que vendre. Pour les auteurs qui affrontent leurs juges, les attentes doivent être plus sérieuses.