Avant Stanley Kubrick, Orange Mécanique filmé par Andy Warhol

Antoine Oury - 07.03.2014

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Andy Warhol - Orange mécanique - Anthony Burgess


Qui dit Orange Mécanique dit, automatiquement, Stanley Kubrick, avant même que le nom de l'auteur du livre original, Anthony Burgess, ne soit évoqué. Mais un autre réalisateur, plus expérimental que Kubrick, s'était emparé de l'ouvrage pour en produire une adaptation filmée. En 1965, 6 ans avant l'adaptation avec Malcolm McDowell, Andy Warhol réalisait Vinyl, film de 70 minutes qui suit le parcours d'un certain Victor...

 


 

 

Bien évidemment, les adaptations des deux réalisateurs n'ont pas grand-chose à voir, même si les deux artistes ont soigné le pan formel de leurs longs-métrages. Quand Kubrick fournit une nouvelle fois une photographie très composée, Warhol poursuit de son côté ses recherches sur les plans uniques, comme ceux qu'il avait expérimentés pour sa célèbre série de portraits, qui consistaient en un seul plan sur un visage, anonyme ou célèbre.

 

Ainsi, A Clockwork Orange version Warhol ne comporte peu ou prou que trois plans différents, un tour de force pour développer une trame narrative, laquelle n'intéresse pas spécialement le roi du pop-art. « Vinyl est une adaptation tellement libre du roman d'origine que même les gens qui l'ont vu sont excusés de ne pas avoir reconnu l'intrigue d'Orange Mécanique », explique l'International Anthony Burgess Foundation.

 

Le film est surtout pour Warhol un moyen de créer selon ses obsessions personnelles et son univers artistiques, entre sado-masochisme et ambiance doucement glauque. Le film fait d'ailleurs apparaître Edie Sedgwick et Ondine, parmi ses actrices fétiches. Mais comprend aussi une bande originale à la mesure des goûts du maître, avec Nowhere to Run de Martha and the Vandellas, Tired of Waiting for You des Kinks, The Last Time par les Rolling Stones et Shout, des Isley Brothers.

 

Ça change de Beethov...

 

(via Open Culture)