Avec Boxe Boxe, Mourad Merzouki met un crochet à la danse

Clément Solym - 15.11.2012

Culture, Arts et Lettres - Théatre - Boxe boxe - danse - chorégraphie


Boxer à coups de pas de danse : Mourad Merzouki met ici un uppercut dans la fourmilière hip-hop en proposant, Boxe Boxe, une pièce chorégraphique offrant une nouvelle vision et gestuelle dans une mise en scène théâtrale fantastique. À retrouver le 20 novembre prochain à la salle Ravel de Levallois-Perret.

 

 

 

 

Ancien boxeur (champion de France junior) et aujourd'hui danseur professionnel, directeur de la compagnie Kafig et du Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne, Mourad Merzouki utilise les combinaisons d'attaque et de défense de ce sport de combat pour les associer au hip-hop. En confrontant ces deux langages chorégraphiques, il met en danger ses danseurs, tout en leur offrant la possibilité de nourrir leur créativité et de les pousser au plus loin dans leur pratique. 

 

Virevoltant dans un décor léger en fer forgé, les personnages enchaînent les scènes de combats et d'entraînements menées par « l'homme boule ». Tout droit sorti d'un film de Tim Burton, avec ses longues jambes squelettiques et son ventre-ballon, il s'agite, arbitre et tempère l'équipe de boxeurs fous. Par intervalle de grandes dalles noires et blanches, les danseurs se déplacent sur cet échiquier avec une énergie folle.

 

Accompagnés d'un quatuor à corde, le Quatuor Debussy, les gants rouges sont comme des notes de musique qui s'entrechoquent sur les portées du ring. Les cordes élastiques, éléments propices au jeu, font échos aux archets et aux pizzicatos des musiciens. D'habitude refoulés dans un coin de la scène ou dans l'orchestre, comme il est coutume de le pratiquer, les quatre interprètes assis ou debout sur des éléments roulants traversent la scène de long en large, déambulent parmi les danseurs, les soutiennent dans leurs déplacements et leurs performances.

 

Solo, duo, en groupe ... Les tableaux chorégraphiques s'enchaînent dans une parfaite justesse, l'élégance prime sur la violence des faux (coups) de poing et de pied, l'humour sur l'agressivité. Une heure de show où il n'est pas rare de se surprendre à bouger en rythme sur son siège, et de sortir de la salle avec une envie soudaine de se défouler.