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Avignon : Sophocle tout de même amputé de Bertrand Cantat

Clément Solym - 22.07.2011

Culture, Arts et Lettres - Expositions - avignon - sophocle - cantat


On savait que l'absence ou l'impossible présence de Bertrand Cantat avait provoqué un scandale. Mais dans la mise en scène de pièces de Sophocle, réalisée par Wajdi Mouawad, la musique est tout de même de Cantat. Et cela se sent.

En reprenant Les Trachiniennes, Antigone et Electre, le metteur en scène recompose une pièce, Des femmes, qui ne laisse pas indifférent.

La musique de Cantat, certes, mais le choeur également, qui anime et finalement, c'est une représentation tronquée de l'ensemble de la pièce qui devait être présentée.

Mais si la mise en scène ne convainc pas toujours, cette vitalité musicale, elle, est immanquable, avec des relents de tout ce rock que Cantat à dans la tête. Est-il vraiment invisiblement présent ?
Plus présent qu’aucun des acteurs en scène, qu’aucun des mots de Sophocle lourdement traduit par le québécois Robert Davreu, le chanteur à la voix tellurique semblait s’être fondu dans la pierre même de la carrière.

Sa voix qui contient toutes les voix, celles de Brel, de Ferré ou de Christophe, celle des alluvions du Rhône, celle du métal en fusion, de la lave et de la mer, cette voix enregistrée fut la seule voix tragique d’un spectacle désespérément collé au plateau.
(voir Les lendemains de la générale)
Elle est encore visible à la Carrière de Boulbon, jusqu'au 25 juillet. À Avignon...

« Un spectacle furieux et emporté », assure cependant La Croix. Les goûts, les couleurs, n'est-ce pas ?

Traduction des textes de Sophocle par le poète Robert Davreu, parus aux Éditions Actes Sud/Papiers. 10 € pièce.