Avis de tempête sur l'hôtel des ventes de Drouot

Clément Solym - 11.09.2010

Culture, Arts et Lettres - Expositions - drouot - enchères - hotel


Il s'en passe des vertes et des pas mûres du côté de la maison d'enchères Drouot, suite à la découverte du rapport réclamé par Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice et tenu entre ses mains depuis avril.

En 2009, des employés de la maison ont réalisé des vols d'oeuvres d'art, mettant en exergue une étrange gestion de la boutique. Avec 70 commissaires-priseurs, Drouot est une véritable institution, mais manifestement pas exempte de lourds défauts. Parmi les points noirs bien crasseux que pointe ce rapport, « un déficit d'encadrement juridique », ou encore « une faiblesse du règlement intérieur », auxquels s'ajouter « une irresponsabilité des manutentionnaires » .


Le journal Les Échos, qui dévoile une partie de ce rapport, dans une interview de la ministre. « Ma responsabilité consiste à donner au secteur des ventes aux enchères un cadre juridique lui permettant de se développer dans les meilleures conditions de compétitivité », explique-t-elle, alors que les foudres s'abattent sur la maison d'enchères.

Or, Drouot fait dans l'oeuvre d'art, certes, mais nombre de manuscrits sont également passés par le marteau de ses commissaires. Le dernier en date était une vente centrée autour de Prévert, qui avait généré 2,28 millions €.

La formule de 1862, « Drouot, c'est comme la caverne d'Ali Baba, mais il y a plus de quarante voleurs », est connue, mais aujourd'hui, elle se fait encore plus ferme. Alors que l'hôtel des ventes doit faire sa rentrée dans moins d'une dizaine de jours, aucun commentaire n'a été fait suite à la divulgation des conclusions du rapport.

Dans ce dernier, dévoilent nos confrères, c'est avant tout une nouvelle définition des objectifs de la maison qui s'impose, alors même que Brucelles va permettre prochainement de centraliser les acteurs de ventes privées. (voir l'article)

« Drouot doit mener une stratégie de groupe et profiter de sa notoriété à l'international pour s'y développer. Mais, avant de s'attaquer à son modèle économique, il faut déjà régler les questions d'organisation de base », explique Françoise Mariani-Ducray, qui dirige le Conseil supérieur des ventes.

Sale temps, ça vente...